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Balzac- les chouans :
« Le mot gars, que l’on prononce gâ, est un débris de la langue celtique. Il est passé du bas breton(1) dans le français, et ce mot est, de notre langage actuel, celui qui contient le plus de souvenirs antiques. Le gais était l’arme principale des Gaëls ou gaulois ; gaisde signifiait armé, gais, bravoure (2) ; gas, force. Ces rapprochements prouvent la parenté du mot gars avec ces expressions de la langue de nos ancêtres. Ce mot a de l’analogie avec le mot latin vir, homme, racine de virtus, force, courage…..Les mots : gars, garçon, garçonnette, garce, garcette, généralement proscrits du discours comme mal séants, mais dont l’origine est si guerrière et qui se montreront çà et là dans le cours de cette histoire. « C’est une fameuse garce ! » est un éloge peu compris que recueillit Mme de Staël dans un petit canton de Vendômois où elle passa quelques jours d’exil.
(1) le préfacier Jean de La Varende précise que l’auteur « ne pût interroger directement le Chouan. Il ne comprenais pas cette langue paysanne qu’il appelle « le breton », par erreur volontaire, sans doute, et pour ne pas décevoir son lecteur. Déjà l’on ne parlait plus breton à l’est de Saint-Brieuc, la rivière de Chatelaudren sépare les bretons bretonnants des bretons gallo….A Fougères, jusqu’à Guingamp, les rustres usent d’un patois, d’une déformation du français, qui…restait absolument inintelligible .Français corrompu, avec des souvenirs latins : « vindre quant é mé »=venir avec moi, dont les plus fréquentes caractéristiques étaient la transformation en A des finales en AI, de l’EU en OU, l’adjonction de l’I, la chute des R finales : « Morina » pour " Morinais", le « viau » pour le « veau » ; « j’a grand pou » pour « j’ai grand peur ».
(2) si un lecteur désire transmettre l’info à Nicolas Sarkozy, libre à lui !