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Florilège page 11
-Vous avez bonne mine.
-Guitry : « Ce n’est pas à la mine que j’ai mal. »
A un de ses amis qui souffrait, Yves Mirande : « tu noies tes chagrins dans l’alcool ; méfies-toi, ils savent nager.
L’homme est présent sur la terre depuis 40000 ans, ramenons par la pensée cet âge à celui de 40 ans (l’âge d’un homme en pleine vitalité). Dans cette fiction, l’ère chrétienne dure depuis deux ans, la première révolution industrielle date d’un mois, l’ère atomique s’est ouverte il y a une semaine, la découverte du pétrole saharien est d’avant-hier.
Cette anamorphose nous donne une idée saisissante du régime auquel est soumise l’humaine inertie.
Une définition de la peinture moderne :
Le tableau est intitulé : « le passage de la mer Rouge par les Hébreux. »
-pourquoi votre tableau est-il blanc ? On n’y distingue rien, demandait un visiteur à l’artiste.
-très simple, explique le peintre : les Hébreux ?, ils sont passés. Les Egyptiens ?, ils ne sont pas encore arrivés. La mer Rouge ?: elle n’est pas encore refermée. Alors, il n’y a rien.
Ne m’aidez pas à mettre mon pardessus : je n’y arrive déjà pas tout seul. (Tristan Bernard)
Vous qui connaissez le vieux Paris, quelle est cette dame ? (Tristan Bernard)
Partir, c’est mourir un peu (ce vers est tiré du « rondel de l’adieu », rapporté par Edmond Haraucourt, conservateur du musée de Cluny dans son « choix de poésies ».) Et Soro ajoute : oui !, mais mourir…c’est partir beaucoup.
Son sommeil était de beaucoup ce qu’elle avait de plus profond ! (S.Guitry)
SIEYES : je vais vous dire ma façon de penser.
RIVAROL : épargnez-moi la façon et dites-moi la pensée.
-Où placez-vous l’humour ?
Sacha Guitry : « parmi les vertus capitales. »
Napoléon : « aimez-vous toujours les hommes ? »
Madame de Custine : « oui, Sire, quand ils sont polis. »
Cambronne, on y songe avec peine
Ne se montra pas bien Français :
Crier aux ennemis le mot qui porte veine,
C’était fatalement assurer leur succès.
(Tristan Bernard, né en 1866)
« Promenade » : le premier des plaisirs insipides. (Voltaire)
Il faut refaire la France , disait un orateur
-Comme si elle n’était pas toujours refaite, la pauvre,
Dit le journaliste Aurélien Scholl (1833-1902), à cet endroit du discours.
Florilège page 12
Un gouvernement qu’on soutient est un gouvernement qui tombe. (Talleyrand)
On ne ment jamais autant qu’avant les élections, pendant la guerre, et après la chasse. (Clémenceau)
C’est un terrible avantage de n’avoir rien fait, mais il ne faut pas en abuser. (Rivarol)
Après huit ans de vie commune, elle est partie. Je vais donc enfin vivre seul. Et déjà, je me demande avec qui… (Guitry, né en 1885)
On faisait la guerre à M… sur son goût pour la solitude. Il répondit : « C’est que je suis plus accoutumé à mes défauts qu’à ceux des autres. » (Chamfort)
Offenbach : « Je rêve de mettre en musique l’indicateur des chemins de fer. »
-Il travaille ?
-Il n’a donc rien à faire ? (Courteline)
Ayez l’obligeance de me parler avec douceur, sans élever le ton et sans me contrarier en aucune manière. Chez les gens de mon âge, le bruit et la contradiction provoquent des hausses brusques de tension, de l’hyperacidité gastrique, des troubles cardiaux vasculaires…et je deviens très rapidement désagréable.
L’émerveillement, c’est la vie. La routine, c’est la mort. (Louis Leprince-Ringuet)
Le silence est offert à tout individu, mais beaucoup le négligent sans se rendre compte de cette merveille. (Dominique Rollin)