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Génocide rêvé
Vous parlez d’un cauchemar révélateur,
Et inconsciemment provocateur :
Le gouvernement va trucider
Soixante millions de français.
Déjà l’été dernier, il lançait
Des ballons d’essai.
Il dispersait
Des ours dans nos montagnes,
Des loups dans nos campagnes.
Des résultats, mais pas assez.
Les administrés résistaient.
Donc, les ministres ont mis sur pied
Le massacre des français, ces casse-pieds.
Finis les déficits abyssins,
Les mouvements de grève vains,
L’opposition systématique,
Le chômage endémique,
Les émigrés miséreux,
Et toutes les gênantes banlieues.
Les gouvernants veulent vivre en paix,
N’avoir personne pour les embêter,
Et se partager les sous
Du même coup.
Vient au gouvernement,
Cette idée de plan dément.
Sans vouloir faire marrer,
La voici narrée.
Tout a commencé
Par un fait insensé :
A la station Saint-Michel.
Dans les wagons
S’agitent pêle-mêle
Une centaine de dragons,
Près de mille caïmans.
Tous ont l’air particulièrement
Alarmant.
Sur le quai,
Une ministresse
Détraquée
Mais sans aucun stress,
Sans émotion
Assiste à la démonstration.
Pourtant, elle se met
Tout à coup à zézayer
Comme une damnée
Et tient ce discours :
« Messieurs, dames, bonjour.
Nous zallons intenzifier
L’importazion,
De crocodiles
Sans zalimentation,
On laizzera vaquer zes reptiles
Au cœur des villes.
Pourquoi avoir honte
De répandre dans nos provinzes
Des maztodontes
A crocs, à pinzes ?
Quelle zêne
De propazer dez hyènes
Charzées de faire la peau
A tous les zozos
Zi déranzants, zi azzomants.
Et puis, nous zavons tout prévu :
LE CODE DE L’ENVIRONNEMENT.
Ce texte drezze la lizte bien conzue
Des zespèces protézées.
Il interdit tout comportement
Déviant, au caz où un crétin
Voire un plaizantin
Voudrait rézister
A notre volonté.
On n’est zamais trop prudent
Quand on veut arriver à zes fins.
Zi les fauves perdent leurs dents
Ou n’ont plus faim,
On appliquera
La loi. C’est elle qui tuera »
Après cette proclamation un peu triste,
Agacée de zozoter
La ministre se fait conduire « au dentiste »,
Un praticien aviné.
Or, dans son cabinet,
Attendaient déjà
Là,
Pour un coup de biztouri,
Zalvateur,
Réparateur,
Zirac, Zarkozy, Douzte-Blazy,
Devenus zoufflus,
Zozotant tant et plus.
Et le spécialiste de raconter :
« Ces gens-là ont la particularité
De perdre en grande quantité
Des neurones qui se désagrègent
Tels des flocons de neige
Et qui coulent dans leurs bouches
Sur et sous la langue.
Leurs harangues
Deviennent alors plutôt louches ! »
Ces patients, assis,
N’ayant ici
Que le temps à tuer
Papotaient :
« Que nous zaimerions
Zeter tous les zimbéziles, zeureux
D’être franzais,
Dans la fozze aux lions.
Feu
Daniel, y est déjà pazé,
Pourquoi pas zeux ?»
Un autre, pieux, vaseux
Mais plus cultivé
Dit entre deux zave :
« Vous zoubliez zependant
La bête du Zévaudan …»
Zarkozy, rappelle
Les paroles d’Ezéquiel :
« Mon troupeau est mis au pillaze,
Il devient la proie des bêtes sauvazes »
La ministre, elle,
Grommelle
« Nous, nous zommes des oligarzes,
Mais pour eux,
Enfants de Puteaux, filles de Garzes,
Ou d’autres lieux
Faut renouveler zans tarder
La Zaint-Barthélémy.
Ce mazzacre n’était pas zune infamie,
Après tout.
De grands manitous,
Comme nous,
Ne vont pas z’abaizzer
A remplir les jardins
De papillons, de mézanges et de gallinazées. »
Ces gredins, ces fous
Vont lâcher partout
Des crocos, des loups
Et des ours
Pour nous zigouiller.
Alors, au secours,
Saint François,
Si vous oyez,
Venez, quoi !