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Sarah Bernhardt (d'après la revue àParis , printemps 2009)
En 1889, tout Paris la surnomme « la divine ».
Elle était née Henriette Rosine Bernard, le 22 octobre 184, rue de l’école de médecine Paris 5ème.
Au couvent, à 15 ans, sa décision est prise : elle sera religieuse.
Le duc de Morny, ami de sa mère, conseille de l’inscrire au Conservatoire.
Le 6 octobre 1860, sans camarade pour lui donner la réplique, elle déclame en toute naïveté « deux pigeons s’aimaient d’amour tendre » (La Fontaine).
L’effet d’audace est concluant.
A 16 ans, elle est la seule candidate de l’histoire du Conservatoire rçue grâce à une fable.
Deux ans plus tard, la Comédie Française annonce : « débuts de mademoiselle Sarah Bernhardt ».
Elle quittera l’institution, un an seulement après y être entrée, pour avoir giflé une autre actrice.
Impétueuse, extravagante, colérique aussi, S. Bernhardt est entière mais joue sans éclat dans des pièces sans gloire.
Le 14 janvier 1869, la « divine » naît enfin. Au théâtre de l’Odéon, dans « le passant » de François Coppée, elle est « Zanetto », le troubadour.
Elle se révèle dans c premier rôle de travesti, rôle dont elle fera sa spécialité.
En 1870, pendant la Commune, elle transforme la scène de l’odéon en hôpital militaire : la voilà infirmière, faisant jouer ses relations pour obtenir de la nourriture aux soldats blessés.
Le calme revenu dans les rues, elle enflamme de plus belle les planches et les cœurs…Le sculpteur François Sicard l’immortalise en Phèdre grave et émaciée.
Victor Hugo, tombé sous le charme de celle qu’il nomme « la voix d’or »,la fait briller dans « Hernani » puis dans « Ruy Blas ».
Entre ses coups d’éclats et ses extravagances : elle dort dans un cercueil, elle cohabite avec des animaux exotiques, S. Bernhardt ne fait pas l’unanimité.
Peu importe, la comédienne est à l’image têtue de sa devise : « quand même », devise choisie à 9 ans, après une chute, « Si, si, je recommencerai, quand même, si on me défie encore ! Et je ferai toute ma vie ce que je veux faire ! »
Prenant une nouvelle fois son destin en main, elle devient en 1893 la directrice du théâtre de La Renaissance. Elle y signe une nouvelle idylle artistique avec Edmond Rostand, qui la nomme « reine de l’attitude et princesse du geste ». Il lui écrit notamment « L’Aiglon » pour lequel elle sacrifie sa chevelure en cascade de boucles afin de jouer le duc de Reichstadt.
En 1898, la comédienne obtient de la Ville de Paris le bail du théâtre des Nations, qui deviendra théâtre Sarah Bernhardt, puis théâtre de la Ville, place du Châtelet.
Amputée d’une jambe pour cause de gangrène en 1915, S. Bernhardt ne renonce ni à la scène, ni à ses tournées à l’étranger.
Le 26 mars 1923, la comédienne aux talents multiples (peintre, écrivain, sculpteur, actrice de cinéma muet) décède à Paris lors d’un tournage.