Politique,Actualité,Histoire, Ecologie,Littérature, sémantique, Poésie,Humour,Santé, Musique,fantaisies,dérision, divers
La femme du vent
Roman de T. Leprince-Ringuet
(extrait N°1)
Julien avait tenu à mettre les choses au point : « ne compte pas sur moi pour faire quoique ce soit dans ta ruine. Tu te débrouilleras toute seule avec les ouvriers, le jardin et le reste. Je ne lèverais pas le petit doigt. Pour moi, des bouquins et un transat, point final. »
Résultat : à elle le transat, et à lui les travaux des champs. A elle la dernière graisse de baleine lancée sur le marché par de joyeux fumistes, sous la rubrique « protection solaire au monoï », qui ne permettait que des petits baisers frustrants n’excédant pas le contour des lèvres, faute de quoi on s’en mettait partout, et à lui les courbatures, les mains piquées d’orties et cloquées d’ampoules.
……………………………….
(Julien écrit à sa tante) :
Ici nous nous installons tant bien que mal.la maison est dans un état dont il vaut mieux ne pas parler. Quant au jardin, il ne me laisse pas le temps, il ne me laisse pas le temps de chômer, crois-moi. Aujourd’hui encore, j’ai dû scier un poirier mort que je porte au bûcher en pièces détachées à travers toute la prairie. J’en suis à ma troisième brouette, et ce n’est pas fini.
Les travaux non plus ne sont pas prêts de finir. On m’avait garanti que la toiture était saine : il va falloir la refaire en entier, et j’ai déjà un dépassement de trente pour cent avec le maçon, car Hébé a voulu border la terrasse de murets, avec un retour sur le devant, et en pierres apparentes, ce qui est hors de prix. Hébé, elle, ne s’inquiète de rien. Elle se repose et passe des heures au soleil sur un transat.
A SUIVRE…