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Peire Vidal (Lai N° XVI)
Be’m pac d’ivern e d’estiu
J’aime l’hiver et l’été et la froidure et le chaud ; j’aime la neige autant que les fleurs et je préfère un preux mort à un lâche en vie : ainsi me tiennent en gaité Jeunesse et Amour.
Comme j’aime une nouvelle dame, plus que toute avenante et belle, je vois des roses au sein de la glace et un temps clair dans un ciel obscur.
…………..
Ses paroles ont la saveur du miel………….je lui suis loyal et fidèle, et plus juste qu’Abel envers Dieu………
J’ai le cœur morne et pensif aussi longtemps que je suis ailleurs, puis ma joie augmente quand je me rapproche de son gentil corps. Comme de la fièvre, tantôt m’en vient le froid, tantôt la chaleur. Comme elle est gaie et joyeuse et pure de tous vices, je l’aime mieux, par saint Raphaël, que Jacob ne fit Rachel…………….
Et j’aimerais mieux ma petite jouvencelle que mille chameaux chargés d’or avec l’Empire de Manuel.
J’ai trouvé un très beau disque enregistré en 1992, intitulé « manuscrit du roi » qui comporte des chansons de Peire Vidal : Arion ARN 68225, distribution Auvidis, 1 CD d’une heure.
« Le manuscrit du roi » est l’un des plus importants recueils de l’art lyrique médiéval. Avec 70 pièces, c’est la plus ancienne source troubadouresque.
Les interprètes (l’ensemble Perceval) jouent sur l’humeur des mots et la couleur des sons. L’optique « jongleur » ici prévaut et la programmation y gagne en crédibilité nouvelle.
De plus, un luth agile emballe les ritournelles.
D’après Roger Tellart