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Jazz : LE STYLE CHICAGO
C’est l’imitation imparfaite par les musiciens blancs du style Nouvelle-Orléans. Cette ‘école blanche’ est trop remplie de clichés et des rengaines de l’époque (dixit Turk Murphy)
La Marine ayant fermé Storyville ( quartier des plaisirs) en 1917, les musiciens migrèrent de la Nouvelle-orléans à Chicago.
L’usage des jam-sessions s’y répandit dans les années 1920-25.
Certains jazzmen blancs réussirent tout de même à jouer comme des noirs :
Dave Tough, George Wettling, Joe Sullivan,
Bix Beiderbecke (trompettiste remarquable),
Teschmaker (qui joue à la manière de Dodds),
Spanier (qui s’inspire d’Armstrong),
Teagarden(tromboniste excellent et chanteur à la voix traînante, teintée d’humour),
Eddie Condon (très bon guitariste) etc.
Par contre, je ne suis pas convaincu que Mezzrow (qui s’inspire de Noone) et Bennie Goodman possèdent ‘l’âme’ des clarinettistes noirs, quoiqu’en disent Panassié et certains admirateurs.
Quant aux orchestres blancs, ils étaient loin de valoir les ensembles composés par les Noirs.
Le style Chicago est clair, logique, nuancé. Il renonce au brillant et à l’effet (ce qui fait le charme du jazz noir)
Par contre, un grand nombre des meilleurs musiciens noirs de la Nouvelle-Orléans vinrent jouer à Chicago. Il suffit d’écouter Joe Oliver, J.Noone, J. et Baby Dodds, Jimmy Ladnier, Saint-Cyr au banjo, Kid Ory, Barney Bigard, etc. pour prendre conscience de la différence qualitative qu’ il y a entre la musique d’un blanc et celle d’un noir (sa pulsation, ses accents toniques…)