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Chapitre 34 : THELONIUS MONK
(d’après A. Francis, L. Malson et R. Horricks)
Il est né en 1920.
Ce pianiste, autodidacte, qui fait partie des grands prêtres du be-bop, a crée un style neuf et personnel. Son toucher est dur, cassant. Paradoxalement, sa musique possède une rare fraîcheur et une apparente simplicité. Il est un explorateur du monde sonore. Il extériorise toujours le swing à la perfection.
De sa sonorité étrange naît une poésie non pareille. Insolite, déroutant, ésotérique, Monk n’a pas de disciples directs.
Son comportement était curieux, ultra individualiste, sa manière de vivre étrange, sa musique surprenante.
Il s’appelait Th.‘Sphère’ Monk. Or j’ai eu la chance d’enregistrer une cassette lors de l’un de ses passages à la télévision : Soudain, je le vois quitter son piano, venir au devant de la scène et pendant une minute ou davantage, imperturbable, tourner sur lui-même. Puis, comme si de rien n’était, (tandis que les autres musiciens n’avaient pas cessé de jouer), il est retourné s’asseoir à son piano et jouer.
Rien d’artificiel dans sa musique dissonante mais swinguante. Elle choque, elle bouleverse, elle s’impose et elle atteint un sommet de l’expression jazzistique.
Les musiciens professionnels considèrent « all of you » comme « un des plus beaux solos de toutes les années 50 » ; faudrait oublier ni « round about midnight » ni « bag’s groove », un de ses plus beaux solos enregistré en 1954.
Mais beaucoup de musiciens hésitaient à relever le défi de Monk. Ils reculaient devant la technique nécessaire pour jouer ses thèmes exigeants, ses accords inattendus, ses dissonances.