NAISSANCE DU PROTESTANTISME d’après Pierre Miquel (les guerres de religion) et François Bluche (la vie quotidienne au temps de Louis XIV)
A la fin du 15ème siècle, certains prêcheurs et évêques essayaient de réformer les mœurs des moines, les clercs rendus coupables de viol, des prêtres et des curés qui vivaient avec des concubines, les nonnes qui avaient des enfants…Mais comment condamner tant de clercs ? Il a fallu considérer le concubinage comme un péché véniel. Les coupables obtenaient leur rachat en …versant une taxe annuelle dans les caisses de …ces prêcheurs et évêques.
En Alsace, dans les années 1517-1520, les prédicateurs préparaient les foules à la recherche d’une nouvelle religion.
Au début du 16ème siècle, ce qui choque Luther ce n’est pas le faste ou la puissance de tel ou tel pape (Jules II ou un autre). Le pape est un pêcheur comme les autres hommes.
Mais Luther est consterné par les niveau et mode de vie de l’ensemble de la hiérarchie religieuse. La majesté institutionnelle cache une mystification.
La fortune de l’Eglise de France est estimée aux 2/5ème de la fortune publique.
‘Instigante diabolo’, les plus hauts dignitaires de l’Eglise catholique avaient souvent des bâtards et parfois des familles nombreuses. Ces enfants étaient reconnus sans scandale.
Le trafic des indulgences, organisé par le pape, rapportait gros. L’indulgence était une sorte d’impôt payé au clergé qui, en outre, recevait par dons directs ou d’héritages des propriétés et des terres en très grande quantité. Les ouailles pensaient ainsi que plus grande était leur charité, moins d’années de purgatoire seraient à endurer. Pratiquement tous les sermons les encourageaient d’ailleurs dans cette optique ! Il n’y a que quelques prédicateurs avisés pour dénoncer avec violence la pratique des ventes d’indulgences. Ces derniers affirmaient aussi que les aumônes et les pèlerinages n’étaient pas l’essentiel de la foi.
L’Eglise est malade.
On compte 20 excommuniés par an dans chaque paroisse, en moyenne. On était excommunié pour des riens.
Les gens étaient esclaves des superstitions, et ils perdaient l’habitude de se confesser et de communier. Il fallait, pour les y contraindre, les menacer d’excommunication
Les protestants, eux, recherchent leur salut dans l’effort personnel et la piété individuelle.
Dès 1520, les idées de Calvin et Luther sont connues en France :
En octobre 1517, Luther fait connaître ses 95 thèses.
En 1520, il rompt avec le pape.
En 1521, il rompt avec l’Eglise et l’empereur allemand.
En avril 1521, la Faculté de Théologie condamne solennellement les doctrines luthériennes.
Le 15 Juin 1521, Luther est condamné par bulle papale.
Entre 1520 et 1530, la doctrine de Luther se constitue :
-Retour à l’Evangile
-Suppression de presque tous les sacrements.
-proscription du culte de Marie et des saints.
-mise en question des œuvres et des indulgences.
-abolition du célibat des prêtres et des vœux monastiques.
Ni Clovis ni Charlemagne n’avaient hésité à exterminer les arianistes ou les saxons. Les pères, réunis en concile, ne pouvaient plus clairement lancer à François 1er un appel à la répression.
En voici un exemple : un certain Leclerc, protestant militant, est arrêté. Il est condamné à avoir le poing coupé. On lui arrache le nez avec des tenailles, puis les bras, les cuisses et la poitrine. On le brûle enfin à petit feu.
En 1546, plus de 600 membres du ‘cercle de Meaux’ furent persécutés. (Ce cercle était un des premiers à répandre en France les idées protestantes).
Vers 1670, la France compte 900000 ‘prétendus réformés’.
Dans le royaume, pour désigner les calvinistes, on ne dit presque jamais ‘les protestants’, mais : la ‘RPR’, ou ‘ceux de la Religion’, ou ‘les religionnaires’. Voila de curieux éloges inconscients accordés à des adversaires ! ‘protestants’ s’applique soit aux hérétiques d’Allemagne qui suivent la doctrine de Luther, soit…à l’amant qui fait à une dame des offres de service et d’amour, et qui lui promet fidélité.
Depuis 1598 (l’édit de Nantes), les R.P.R. ont liberté de conscience et de culte. Mais en 1629, ils perdent les garanties politiques et militaires pourtant contenues dans le dit édit…
A cette époque, les relations entre catholiques et protestants deviennent ambiguës.
Une partie de l’élite comprend ou devine que les deux confessions ont le même credo, que le Concile de Trente a rendu caducs plusieurs des critiques portées contre Rome par les réformateurs. La devise de Loyola ad majorem Dei gloriam ressemble comme une sœur à celle de Calvin soli Deo gloria. Les protestants s’aperçoivent que les enterrements sont compatibles avec une certaine liturgie, et que le jeûne n’est pas un exercice condamnable.
Etymologie : d'après le dictionnaire Dauzat, le mot "parpaillot"viendrait du languedocien et du gascon "parpailhol"=papillon.
Or, dans les années 1560, le chef des protestants d'Orange s'appelait Parpaille. il meurt décapité.
....Il y aurait là comme un devoir de souvenance que je n'en serais qu' à moitié surpris.