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Garçon ! Un verre de moral, s’il vous plait, avec un zeste d’humour et deux doigts de dérision, pour trinquer à ma santé.
(J’ai extrapolé, du chef-d’œuvre d’ A. DUMAL intitulé : SOIXANTE ANS APRES et du poème de Charles MAUXDETERRE : LES PLEURS DU MAL, une pochade qui me mènera tout droit dans l’un de ces établissements réservés aux facétieux, inguérissables.
C’était pendant l’horreur d’une profonde vie
Après 60 ans de myopie,
Incurable,
L’histoire commençait par un rhume banal,
Mais tenace et durable.
Elle se poursuit
Par quelques insomnies
C à d de longs moments où c’que l’on dort mal,
On tousse, on a trop chaud, on lit …
On baille, et enfin
Le sommeil vient.
Puis c’est le tour des caries.
Quant aux acariens ils multiplient les allergies !
Foin aussi des rhumes des foins à répétition
Tous les printemps.
J’allais oublier de parler des mycoses,
Etranges minuscules choses
Accrochées comme des champignons
Entre les orteils de mes pieds. C’est pas marrant.
J’ose à peine évoquer maintenant
Les coups de bistouris guérissant :
(Admirez la progression du sujet dans son intensité si triste)
Tel matin, un kyste,
Un furoncle, une après-midi
Un soir, une tumeur
Non maligne, par bonheur
Un Dupuytren à la main gauche
C’est pas fini :
Des varices à la jambe droite, c’est moche !
Et des hem…, au centre ! Légèrement insoutenables.
Je passe sur les petits bobos
Soignés par placebos,
Tous les vrais médic
Ordonnés par les empiriques,
Les cheveux blancs inévitables.
Par bonheur, j’ai échappé à l’ablation
De l’appendice, sérieuse opération,
Aux pandémies sournoises
Qui vous ratiboisent
Comme un rien.
A signaler toutefois, une mononucléose
Qui vous décompose.
Maintenant, tout va bien.
J’ai gardé pour la bonne bouche
Une prostate louche,
Un anévrisme qui se bouche,
Un colon à la noix… .
Bref, la vie qui se craquelle
C’est pas pour moi.
Elle est vraiment trop belle !