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LES COIFFEUSES
Mon Dieu, que c’est ennuyeux
D’aller se faire couper les cheveux !
Presque à reculons,
Je rentre dans ce salon
Silencieux, un peu embarrassé .
« bonjour monsieur,
je vais vous débarrasser . »
Je m’assieds .
« mettez-vous bien . »
… « je vais vous les couper … »
(Ca commence bien !
Me dis-je .)
« …comment ? : vous gardez la raie ?
ou vous préférez
En arrière ? » .
Qu’ est-ce qu’ elle pige
De mes pensée et sourire cachés derrière
Sa question à double sens ?
De sa fausse offense pourtant
Cette blondinette,
Pépée
Assez bien faite
Nonobstant
N’a pas pipé .
Elle relance :
« c’est la première fois
que j’vous vois … »
« vous habitez l’coin ? »
Bien rôdée, se poursuit
La mise en scène .
Et je subis :
… « un shampoing ? »
Bonne poire,
J’enfile le peignoir
Tendu par une arpette .
Elle branche la douchette .
J’ôte mes lunettes .
Elle manie le pommeau
« c’est pas trop chaud ? »
Elle sait
Bien que non , venant de passer
Sa main sous le robinet .
C’est causer pour causer .
Re-jet de douchette .
Cette mousse pue la violette .
Elle me frotte la tête
Avec une serviette
(qui a déjà servie ?)
Me passe mes lunettes .
Bien obligé, je dis merci .
De l’eau dans les narines,
Je me mouche .
La patronne m’en remet une couche :
« c’est fou
tous
ces épis qu’vous avez ! »
Passe alors à la caisse
Un blazaire bleu marine .
« qu’est-ce ?.. »
« faut prendre rendez-vous . »
« vous voyez bien q’j’suis complet ! »
« hrr !, on trime comme des fous »
Elle enchaîne :
« vous, on peut dire q’vous en avez épais ! »
« vous m’direz c’est une veine …
vaut mieux ça q’le contraire … »
« y a longtemps q’vous les avez coupés ? »
«… ha, ben, ça date pas d’hier . »
Cette souris commence à m’énerver .
«… vous voulez Gala ? …
quand j’pense à cette pauv’ laidie
Da-ya-na … »
« on y peut rien
mais j’pense à elle, parfois le soir
… Vous y croyez à l’accident, vous ? »
« où est passé mon rasoir ? … »
et patati ,patata
la v’la partie dans le Gotha .
Je suis presque à bout .
« j’vous mets d’la laque ?… »
Elle n’attend pas la réponse,
Appelle « Jack ! »
De loin .
Il n’entend point
tant ça cancane
dans cette cabane .
Concentré sur son balai,
Il fait la chasse aux cheveux tombés .
De guerre lasse,
Je me laisse encore passer
La glace
Derrière la nuque .
Et l’intrépide cuque
De m’agacer
Tout à fait :
« ça
va,
ça vous plait ? »
Je me sens craquer .
Pourtant j’endosse
Un interminable coup de brosse,
Ultime retouche
de la minouche .
Enfin, elle rappelle « Jack ! »
D’un ton sec comme une claque
« donnez le sac
et le vestiaire de monsieur . »
« de me..sieu … ? … »
Je me lève .
Dans mon dos, j’entends un client
Louer le talent
De Dave .
Un instant je rêve :
A lui, elle va lui couper… le sifflet ?
Elle me tire de cette malhonnête pensée :
« si vous avez pas la monnaie,
j’vous la f’rais . »
(la peau ?)
« ça vous fait 17 euros . »
J’en laisse vingt .
Faut
Etre beau
Joueur, enfin !
De ce bagne,
C’est la fin .
Rasé,
Je peux dégager,
Epuisé
A la porte, j’entends à peine
« à bientôt ! »
Tant j’ai la tête pleine
Des propos idiots de ces jacasseuses .
Elles me barbent ces raseuses .
Les coiffeuses
Sont des emmerdeuses .
LES COIFFEUSES
Mon Dieu, que c’est ennuyeux
D’aller se faire couper les cheveux !
Presque à reculons,
Je rentre dans ce salon
Silencieux, un peu embarrassé .
« bonjour monsieur,
je vais vous débarrasser . »
Je m’assieds .
« mettez-vous bien . »
… « je vais vous les couper … »
(Ca commence bien !
Me dis-je .)
« …comment ? : vous gardez la raie ?
ou vous préférez
En arrière ? » .
Qu’ est-ce qu’ elle pige
De mes pensée et sourire cachés derrière
Sa question à double sens ?
De sa fausse offense pourtant
Cette blondinette,
Pépée
Assez bien faite
Nonobstant
N’a pas pipé .
Elle relance :
« c’est la première fois
que j’vous vois … »
« vous habitez l’coin ? »
Bien rôdée, se poursuit
La mise en scène .
Et je subis :
… « un shampoing ? »
Bonne poire,
J’enfile le peignoir
Tendu par une arpette .
Elle branche la douchette .
J’ôte mes lunettes .
Elle manie le pommeau
« c’est pas trop chaud ? »
Elle sait
Bien que non , venant de passer
Sa main sous le robinet .
C’est causer pour causer .
Re-jet de douchette .
Cette mousse pue la violette .
Elle me frotte la tête
Avec une serviette
(qui a déjà servie ?)
Me passe mes lunettes .
Bien obligé, je dis merci .
De l’eau dans les narines,
Je me mouche .
La patronne m’en remet une couche :
« c’est fou
tous
ces épis qu’vous avez ! »
Passe alors à la caisse
Un blazaire bleu marine .
« qu’est-ce ?.. »
« faut prendre rendez-vous . »
« vous voyez bien q’j’suis complet ! »
« hrr !, on trime comme des fous »
Elle enchaîne :
« vous, on peut dire q’vous en avez épais ! »
« vous m’direz c’est une veine …
vaut mieux ça q’le contraire … »
« y a longtemps q’vous les avez coupés ? »
«… ha, ben, ça date pas d’hier . »
Cette souris commence à m’énerver .
«… vous voulez Gala ? …
quand j’pense à cette pauv’ laidie
Da-ya-na … »
« on y peut rien
mais j’pense à elle, parfois le soir
… Vous y croyez à l’accident, vous ? »
« où est passé mon rasoir ? … »
et patati ,patata
la v’la partie dans le Gotha .
Je suis presque à bout .
« j’vous mets d’la laque ?… »
Elle n’attend pas la réponse,
Appelle « Jack ! »
De loin .
Il n’entend point
tant ça cancane
dans cette cabane .
Concentré sur son balai,
Il fait la chasse aux cheveux tombés .
De guerre lasse,
Je me laisse encore passer
La glace
Derrière la nuque .
Et l’intrépide cuque
De m’agacer
Tout à fait :
« ça
va,
ça vous plait ? »
Je me sens craquer .
Pourtant j’endosse
Un interminable coup de brosse,
Ultime retouche
de la minouche .
Enfin, elle rappelle « Jack ! »
D’un ton sec comme une claque
« donnez le sac
et le vestiaire de monsieur . »
« de me..sieu … ? … »
Je me lève .
Dans mon dos, j’entends un client
Louer le talent
De Dave .
Un instant je rêve :
A lui, elle va lui couper… le sifflet ?
Elle me tire de cette malhonnête pensée :
« si vous avez pas la monnaie,
j’vous la f’rais . »
(la peau ?)
« ça vous fait 17 euros . »
J’en laisse vingt .
Faut
Etre beau
Joueur, enfin !
De ce bagne,
C’est la fin .
Rasé,
Je peux dégager,
Epuisé
A la porte, j’entends à peine
« à bientôt ! »
Tant j’ai la tête pleine
Des propos idiots de ces jacasseuses .
Elles me barbent ces raseuses .
Les coiffeuses
Sont des emmerdeuses .