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De MUSSET lui-même, puis de Sainte-Beuve et d’André Chénier à son sujet :
REFLEXIONS SUR LA POESIE
Extraits de « Après une lecture » (Musset)
Que nous font, je vous prie, et que pourraient nous faire
A nous autres rimeurs, de qui la grande affaire
Est de nous consoler en arrangeant des mots,
Que nous font les sifflets, les cris ou les bravos ?
Nous chantons à tue-tête ; il faut bien que la terre
Nous réponde, après tout, par quelques vains échos.
………………….
Etre admiré n’est rien ; l’affaire est d’être aimé.
Sainte-Beuve, en 1840, juge Musset :
« Il a osé avoir de l’esprit, même avec un brin de scandale. Depuis Voltaire, on a trop oublié l’esprit en poésie. M. de Musset lui fit une large part ; avec cela, il eut encore ce qu’ont si peu nos poètes modernes : la passion. »
Et André Chénier, évoquant Musset, a écrit à la fin du XVIIIème siècle : « L’art ne fait que des vers ; le cœur seul est poète. »
Musset a écrit à son frère le 4 août 1831 : « Ce qu’il faut au poète, c’est l’émotion. Quand j’éprouve, en faisant des vers, un certain battement de cœur que je connais, je suis sûr que mon vers est de la meilleure qualité. »
Musset a formulé ‘sa poétique’ ainsi : « Mon premier point sera qu’il faut déraisonner. »