Politique,Actualité,Histoire, Ecologie,Littérature, sémantique, Poésie,Humour,Santé, Musique,fantaisies,dérision, divers
Vies et morts peu communes en Basse-Normandie
Fortunée,
Bien née,
Libido
A zéro,
Une vieille comtesse,
N’eut de cesse
D’arroser son diocèse
De multiples bontés,
De larges générosités,
Sans jamais compter.
Il y a vingt ans,
L’évêque reconnaissant
Fit nommer la comtesse
Chanoinesse
Du Saint Sépulcre.
Elle vivait dans le lucre
Et dans un manoir
Sans baignoire.
En un coup de vent,
La bienfaitrice
Fit sortir du couvent
Une religieuse
Pour la placer à son service.
La nonne, adipeuse,
Avait l’air un tantinet
Benêt.
Elle se chargeait
Sans se décourager
Du ménage, de la cuisine,
De la conduite de la limousine
Dans laquelle la millionnaire
Comtesse
Ne posait ses fesses
Altières,
Qu’à l’arrière.
Mais depuis 2005,
La chanoinesse
N’avait plus l’esprit sain.
Sans cesse,
Elle buvait eau de vie
Et aquavit.
Donc, la bonne
Nonne,
Comme personne,
Dût aussi jouer à l' infirmière
De la douairière.
Pour sa part,
La comtesse en avait marre
De boursicoter
Et d’asticoter
Ses métayers
De moins en moins dévoués.
Elle ne voulait
Que se balader
Dans son cabriolet
Hélas,
La sœur à tout faire,
Lasse
De vivre l’enfer,
Devint myope
Comme une taupe.
Et un jour, hop !
L’auto, lancée à cent à l’heure,
A fracassé un saule pleureur.
Les deux femmes meurent.
Au ciel,
Leur nouvelle résidence,
Dieu profita de leurs compétences :
La chanoinesse
Eut le bol
De tenir le tiroir-caisse
De l’Eden-bar
Et la nonne obtint le monopole
Du transport des pochards.