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Le Concile de 1964
Le 20 novembre 1964, par 1657 ‘placet’ contre 99 ‘non placet’ et 242 ‘placet juxtapodum’, le Concile adoptait le texte intitulé « de l’attitude de l’Eglise envers les religions non chrétiennes », texte qui comportait, en ce qui concerne les juifs de religion non chrétienne, cette considération dénuée de toute équivoque : « que tous aient donc soin de ne rien enseigner dans les catéchismes ou la prédication de la parole de Dieu qui puisse faire naître dans le cœur des fidèles la haine ou le mépris envers les Juifs ; que jamais le peuple juif ne soit présenté comme une race réprouvée ou maudite, ou coupable de déicide. »
Déjà lors des débats, le cardinal Ruffini avait déclaré : « On ne peut pas dire que les juifs sont des déicides pour la bonne raison qu’on ne peut tuer Dieu. » Echappatoire peu convaincant, car il est évident qu’on ne peut tuer dieu, immatériel, hors de notre monde, hors de la vie et de la mort…à moins qu’il ne se soit fait homme pour être tué, ce qui est précisément le cas de Jésus-Christ, puisque c’est en tant qu’homme qu’il a été jugé et crucifié, que c’est sa chair d’homme qui fut transpercée, son sang d’homme qui a coulé.
…Sans avoir à pénétrer dans l’histoire des 19 conciles qui ont précédé Vatican II, se peut-il qu’un seul ait refusé de discuter un problème parce qu’il le trouvait ‘compliqué’ ? les problèmes de l’Eglise et de la foi sont toujours compliqués, sitôt qu’ils ont franchi du charbonnier.
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Le peuple juif, même si on rejetait pour les besoins de la discussion la thèse de l’erreur judiciaire afin de retenir la volonté de tuer le fils de Dieu, ne pourrait être tenu pour « coupable de déicide » que si on proclamait que le principe de la responsabilité collective est un principe juste, équitable et moral.
Parmi la foule, il y avait sûrement des agents provocateurs. Ce sont eux qui ont dû suggérer à des Juifs de réclamer la crucifixion, une peine romaine. Pour une poignée d’hommes et de princes qui commettent un crime, tout un peuple serait-il coupable ?
(Maître Isorni, « le vrai procès de Jésus »)