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Al Capone, dernier épisode
Quand il voyageait, même pour une courte distance, c’était en tank, cette voiture bardée d’acier avec un mitrailleur à côté du chauffeur, précédé d’une voiture d’éclaireur et suivie par une autre bourrée de gardes du corps.
S’il devait traverser une rue à pied, il était convoyé par une véritable flottille de destroyers et de dragueurs de mines.
S’il allait au théâtre, il était entouré de 18 hommes, une escorte plus importante que celle du président des E.U.
Dans son bureau, le dossier de son siège était blindé de façon à ce que lorsqu’il tournait le dos à la porte, il ne puisse tomber sous les balles d’un assassin.
Si l’on photographiait l’une de ses voitures, il changeait immédiatement la plaque d’immatriculation ou abandonnait carrément ladite auto.
En juin 25, il voulut contracter une assurance sur la vie : toutes les compagnies déclinèrent le périlleux honneur d’assurer mister Capone. Il avait d’ailleurs avoué à un journaliste : « je crains la mort à chaque minute. »
Lors des conférences de presse qu’il donnait, il savait manier son auditoire mieux que personne : démentis formels, indignation outragée, clins d’œil pleins de sous –entendus.
« Il fallait bien que quelqu’un vende de l’alcool, alors pourquoi pas moi ? Parmi mes clients, il y a l’élite de la ville, et peut-être du monde…Je ne suis qu’un bootlegger. Je viole la loi de la Prohibition, d’accord, mais eux aussi. »
Extrait d’un journal paru en 1960, à la suite de la découverte d’un réseau de cambrioleurs au sein de la police : « Maintenant, les gosses à Chicago ont trouvé un nouveau jeu : ils jouent au gendarme et au gendarme… »
Un autre journal, plus ancien, avait déjà écrit : « la pègre règne par l’intermédiaire des politiciens. »
Eliott Ness, le chef des Intouchables, l’incorruptible agent de la prohibition, l’homme qui arrêta Capone, est mort d’une crise cardiaque en mai 1957.
(K. Allsop ; op. cité)