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Chicago, la prohibition
Les cocktails les plus recherchés :
Le black-strap : rhum et mélasse
Le tue-le-diable : gin et bière
Le rhum flip : rhum, bière et sucre
Le sillabub : porto, lait et sucre
En 1880 (déjà), un révérend a compté parmi les prêtres de sa connaissance 40 ivrognes
Et parmi les diacres : 43.
Les journaux publiaient la meilleure recette pour faire soi-même sa boisson alcoolisée.
Une bouilloire ou une cocotte offraient des possibilités insoupçonnées.
Il fallait de la citrouille, du panais et des noix.
Des boutiques vendaient du houblon, de la levure de bière, du malt, des tuyaux de cuivre,des barils et des alambics.
Des mots d’argot naissaient pour désigner en termes mystérieux et pudiques les boissons interdites. On parlait de « vernis de cercueil », de « liniment de cheval », d’ « insecticide »
De « liqueur de tarentule »
Dans des centaines de maisons ouvrières, les siciliens installaient dans les cuisines de petits alambics portatifs. Ils faisaient venir leurs familles entières par bateau et les dotaient d’un alambic dès qu’ils posaient le pied sur le sol de la libre Amérique. Pour 15 dollars par jour, une fortune pour ses pauvres immigrants, tout ce que la famille avait à faire était de faire fonctionner l’alambic.
K Allsop, op. cité