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Georges Brassens, lors d’un de ses récitals à Marseille.
Brassens signait ses disques dans un magasin de la rue de Rome. Il y avait foule.
Or un conducteur d’autobus arrêta son véhicule, descendit de son siège, fendit poliment la foule, s’approcha de Brassens et lui dit :
« Excusez-moi, monsieur Georges, je ne pourrais pas rester longtemps mais je n’ai pas pu résister au plaisir de vous toucher la main »
Aucun passager de l’autobus n’a donné le moindre signe d’impatience. Du moment que le conducteur allait saluer un ami, ils ne pouvaient que se réjouir avec lui.
Comme tous les vrais artistes, Brassens arrive dans la salle de concert au moins une heure avant le début de son récital.
Tout en devisant dans sa loge, il grattait sa guitare. Et voilà qu’une corde casse et pas de corde de rechange. On alerte le régisseur :
« Ne vous faites pas de soucis, je m’en occupe. »
…Au bout d’un ¼ d’heure tous les guitaristes de Marseille faisaient la queue devant l’entrée des artistes et disaient d’une seule voix : « il parait que ce pauvre Georges a cassé sa guitare, nous venons lui porter la notre. »
(Yvan Audouard)