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FAISONS DEUX REVES
Mise à part,
Laissez-moi faire part
De deux derniers rêves
Pleins de sève.
Et honni soit qui mal y pense,
Je m’en bas l’œil et la panse.
Hier,
Un thriller.
Le juge d’instruction
Bruno Corfier
Me confiait
Une mission.
Chercher
Avant dix heures,
Une motte de beurre,
Qui cachait
Un secret professionnel.
Spirituel,
Non ?
Bon.
Cette nuit, avec un ami
(S’il me lit,
Il se reconnaîtra.)
Nous tombâmes dans le soap-opéra
Que voici.
Rappelez-vous, je pionçais.
Nous étions reçus à l’Elysée.
Super, cette taule !
Le général de Gaulle,
Pourquoi lui ?
Je vous pose la colle.
Donc, lui,
Le général, disais-je,
Voulait nous décorer.
Quel privilège !
Nous étions très honorés.
Le Président,
Pendant
Qu’il parlait,
Collait
Sa main
Sur un coussin carmin :
« Pour vous, presque rien. »
Ca commençait bien !
Se tournant soudain
Vers mon copain fiévreux :
« Pour vous, ce sera mieux. »
Moi, vrai citadin,
J’obtins le mérite agricole.
Et lui, j’en rigole
Encore,
Se voit décerner
La rosette des sidaïques
En or.
La suite est comique.
La cérémonie se termine
En deux minutes, à peine.
Pas de poignée de mimines,
Point d’accolades hautaines,
Pas de discours,
Aucun petit-four.
Remerciements de notre part.
De tout son haut,
Le général repart
A son bureau.
Il doit écrire un mot
Aux futurs récipiendaires.
Je le vois, plume en l’air,
Cherchant
L’inspiration.
Bref, séchant,
Lamentablement,
Sans solution.
Je dus l’aider.
Il me dit, dépité,
« Dédé,
Vous avez mérité,
Les Palmes Académiques.»
Mon ami si sympathique
N’a pas vu le comique
De la situation.
Il en est mort de congestion.