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d'après Alfred de Musset : le merle blanc, chapitre V

 

 

                 

                         V

 

Resté seul, je n’avais rien de mieux à faire

Que de voler vers la maternelle gouttière.

Malheureusement, je ne savais pas mon itinéraire

Et je fus obligé de chercher une chaumière

Encore loin de Paris, dans un bois.

Là, de toutes parts, résonnaient des voix

Qui disaient distinctement :

-Allons, ma femme, viens rapidement !

-Allons, ma fille, à la douche !

-Venez, ma belle, dans ma couche !

-Par ici, ma mie !

-Me voilà, je suis ici !

-Bonsoir, maitresse chérie !

-Adieu, mes amis !

J’allais ensuite me percher sur un rameau

Où s’alignaient déjà cinq ou six oiseaux.

Je pris modestement

Le dernier emplacement

A l’extrémité de la branche,

Espérant qu’on m’y souffrirait en ce dimanche.

Par malheur, une voisine

Etait une veuve colombine

Aussi sèche

Qu’une girouette rouillée et rêche.

Au moment où je m’approchais d’elle

Elle feignait d’éplucher ses ailes.

Elle les passait seulement en revue

Pour voir si elle avait son compte.

En fait, elle était presque nue.

-Que faites-vous donc ?

Me dit-elle, tout en se relevant.

Majestueusement, se pinçant

Le bec avec une pudeur toute britannique,

Elle m’allongeait un direct du gauche

(Qui eut fait honneur à un mail-coach.)

J’en tombais à pic

Dans une bruyère rose

Où dormait une gelinotte très grosse.

Elle était si bien assise

Sur son triple ventre, qu’on l’eut prise

Pour un pâté dont on avait mangé

La croute. Près d’elle, je me glissais.

-Tu me gênes, mon petit, va t-en.

Au même instant,

Des grives perchées sur un sorbier

Me faisaient signe à la dérobée.

-Voilà enfin de bonnes âmes.

Je pris place près de ces dames

Qui riaient comme des folles.

Je me fourrais dans le groupe des bestioles

Emplumées, aussi lestement qu’un billet doux

Dans son manchon de rendez-vous.

Je ne tardais pas à juger

Que ces femmes avaient mangé

Plus de raisin qu’il n’est raisonnable de le faire.

Elles avaient peine à tenir debout

Et leurs plaisanteries étaient de mauvais goût.

Leurs éclats de rire et leurs chansons

Grivoises me forcèrent à m’éloigner sans façon.

Je repris mon chemin aérifère

Et allais m’endormir dans un coin solitaire.

Aux premières lueurs du jour,

J’errais longtemps au hasard.

Puis j’aperçus de Notre-Dame les hautes tours.

Je ne devais pas promener longtemps mes regards

Avant de reconnaître notre jardin.

J’appelais mes parents en vain.

Personne ne m’a répondu.

L’écuelle chérie avait disparu.

La cognée avait tout abattu à tire-larigot.

Il ne restait qu’un cent de fagots.

Je recherchais mes parents dans les jardinets

D’alentour mais peine perdue ;

Ils avaient sans doute dû

Trouver refuge dans un quartier résidentiel

Voire dans un camp de romanichels.

Bref, je n’ai jamais plus eu de leurs nouvelles.

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C
Je ne vais pas rater ça. ;-)
Répondre
C
Ouuuiiinnn... c'est vraiment trop injuste. Heureusement que tu ne dis rien sinon ça gacherait tout !!
Répondre
D
<br /> chapitre VI, ce matin...<br /> <br /> <br />
C
Laisse-moi deviner, il va les retrouver pour les sauver et tout rentrera dans l'ordre, son père le reconnaîtra ! Bon je dis ça, mais c'est sans doute trop simple... c'est d'Alfred de Musset quand même. 
Répondre
D
<br /> je ne dirai rien, na !!<br /> <br /> <br />