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Discours solennel du sus-nommé
NOTRE HYMNE NATIONAL
Fin Avril
1792, un incertain de Lisle
Entonne à Strasbourg
-Ou son faubourg-
Devant le maire
Et des militaires
La scie
Qu’ils avaient commandée.
Pompeusement, il l’a intitulée
« Chant de guerre
Pour l’armée du Rhin »
La partition échoue à Marseille.
Ouvrez bien les oreilles :
De là, une décurie
De volontaires montent à Paris
En chantant cette bouillabaisse
Qu’on appelle « marseillaise ».
« Aux armes citoyens…
Sus aux indiens !
Qu’un sang impur abreuve nos sillons. »
Le sang des troufions
Nippons ?
Anglo-saxons ?
Ou celui de négrillons ?
Lamentable provocation !
« Amour de la Patrie…
Soutiens nos bras vengeurs… »
Le texte ne dit pas envers qui.
« Que tes ennemis
Expirants voient ton triomphe. »
Très incertain, le triomphe.
« L’étendard sanglant est levé…
Par souci d’hygiène : à laver !
« Ces féroces soldats viennent égorger
Vos fils, vos compagnes…Formez
Vos bataillons…Quoi ? Des phalanges étrangères
Terrasseraient
Nos fins guerriers. »
…etc. etc. (le ridicule, aussi, tue !)
Je conclus :
La musique est pompier,
Les paroles stupides,
Indignes du pays que je dirige.
Tout cela me donne le vertige
Je suis anti-génocides.
En conséquence, j’ai pressé
Ma Carlita de composer
Une musique de qualité.
Je vais rédiger des paroles, futées
Dignes d’un hymne national
Respectable,
Il ne prêtera plus aux ris,
Ne suscitera plus la moquerie.
J’ai dit !
Et je vais l’inaugurer,
Cette nouvelle mélopée,
Debout sur un tabouret
A l’occasion
De ma nomination
Au prix Nobel de la Paix.