Politique,Actualité,Histoire, Ecologie,Littérature, sémantique, Poésie,Humour,Santé, Musique,fantaisies,dérision, divers
Un roman épatant :
« Il faut que je rentre »
(T. Leprince-Ringuet)
Episode N°12
Clément (son mari) revint de plus en plus souvent s’insinuer dans sa mémoire. Elle pensait qu’il était le plus charmant des hommes…………..Ce n’était pas lui qu’elle fuyait, Clément, solide comme un bahut breton, chaleureux comme l’accent du midi. « Je suis tout simplement partie à ma recherche, se disait-elle. Car Mosca, c’est moi. »…………..
…………………………………………
Bérénice réalisa que l’enfant, debout devant elle, rappelait beaucoup certaines photographies d’elle-même, encore qu’elle ne lui ressemblât pas vraiment.
-Comment t’appelles-tu ? demanda Bérénice.
-Maureen-Scarlett Delaborde, répondit la petite fille. Mais on dit Mausca………….
……………..
Qu’il existât une autre Mosca, et une vraie, même en modèle réduit, lui paraissait inadmissible…………
…………………
Les réflexions de Mausca étaient si justes, et parfois si drôles que Bérénice riait à en avoir mal derrière les oreilles.
…………………………………….
Une énorme bulle se forma dans la tête de Bérénice.
-Qu’est-ce que tu viens de dire ?
-Il est tard, il faut que je rentre.
La bulle creva. Bérénice se retrouva au sommet d’une montagne russe de fête foraine, et tomba comme une pierre, le cœur bondissant, avec tout l’élan nécessaire pour remonter, à une allure vertigineuse, le versant opposé, saluant au passage ses dix ans et Fabien, ses quinze ans et Dominique, Etienne et sa majorité.
En haut de la pente l’attendait ce qui lui manquait : c’était Clément, les bras ouverts.
« Comment ai-je pu m’en passer si longtemps, avait-elle pensé. Je meurs d’envie de le voir. Je meurs d’envie de rentrer. »
-C’est nouveau.
-C’est comme ça. Mosca, tu m’asfait faire n’importe quoi depuis six mois. Tu ne m’auras plus.
-Plains-toi ! Je t’ai sorti de chez toi, et crois-moi, tu en avais besoin.
………………………………………………..
Bérénice se leva, rassembla ses feuilles, en fit un beau paquet qu’elle couvrit d’une feuille blanche sur laquelle elle écrivit : » Pour Maureen-Scarlett, lorsqu’elle sera un peu plus grande, avec l’amour de Bérénice. » elle posa son bic et fit ses préparatifs.
……………………………………………
Longeant les quais, le dos tourné à Notre-Dame, elle put enfin poser sa main sur le parapet, la laissa glisser, en la soulevant de temps en temps, et la pierre lui râpait adorablement la paume de ses grains infimes………..Elle fredonnait : Se dire qu’il y a over the rainbow - toujours plus haut le soleil above- radieux.
FIN
Dernière minute : le mail d’un critique littéraire distingué me félicite d’avoir si bien résumé en 12 feuillets une œuvre de 187 pages. Qu’il trouve ici l’expression de toute ma gratitude.