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la femme du vent, roman de T. Leprince-Riguet

La femme du vent (extrait N°2)

 

Roman de Tilise Leprince-Ringuet

 

 

(Hébé ne supporte plus ces vacances à Lagny, chez la tante chérie de son mari Julien) :

 

Hébé a passé son temps à excuser la mauvaise éducation de ses enfants, en appelant à la rescousse n’importe quel dieu ou diable capable de transformer, de but en blanc, Eve et Jonathan en petits saints de bibliothèque rose.

On ne dira jamais assez la grande misère des mères de famille coincées entre des parents dont il faut subir la loi, sous prétexte qu’ils sont chez eux, et des enfants à défendre contre l’abus de principes. On est toujours sur le qui-vive, et, en plus, on doit rester poli !............

……………………………..

Julien a sûrement mis un pyjama. Quand il est fâché, il devient pudique, c’est de l’auto-défense corporelle.

 

 

 

(Hébé pense à l’organisation de sa nouvelle maison, le Toupet) :

 

On s’achètera aussi un livre d’or, une de ces horreurs à couverture violette ou rose pleine de lettres tarabiscotées, pour obliger les gens qui viendront à écrire dedans tout le bien qu’ils pensent du Toupet et de nous……………..

…………………………………..

 

(Hébé reçoit sa cousine Elodie) :

« Arrête, fit Elodie, s’arrêtant elle-même, comme pétrifiée, sur la large marche entre le living et la terrasse. Arrête, c’est trop, je décolle. »

Arrivée dans la matinée, Elodie Grange ne cessait de décoller, avec une série de petits cris qui flattaient Hébé dans son orgueil de propriétaire…..

Elle faisait penser parfois à l’héroïne d’un dessin animé japonais, parfois à une publicité pour beurre normand……je la trouvais d’une banalité à décourager tous les studios de Walt Disney ; de plus elle était affligée de prétentions intellectuelles sans rapport avec ses capacités cérébrales. Elle m’avait entrepris sur le simplisme de Proust, sur les méfaits d’une morale judéo-chrétienne interdisant aux petites filles de pratiquer l’inceste…………

………………………..

« Le vent, j’adore, renchérit Elodie. Le vent, c’est fou. Sans le vent, les Brontë n’auraient jamais pu décoller, assumer leur Œdipe et phantasmer à ce point. D’ailleurs, les Hauts de Hurlevent sont un succès mondial. Il y eût un silence poli. Hébé pensait : « quelle conne ! »

 

(Hébé reçoit ses amis Hélène et Simon) :

 

Après huit ans de mariage, Hélène et Simon paraissait encore sous le choc de leur rencontre. Ils ne se lassaient pas d’être ensemble, et avaient, à tous moments, des choses urgentes et confidentielles à se communiquer. Contrairement à des gens appariés depuis un certain temps et qui au restaurant, se contentent d’échanger, entre deux bouchées, des commentaires sur leurs voisins ou le rapport qualité-prix de ce qu’ils ingurgitent, on imaginait ces deux-là, têtes rapprochées au-dessus d’une table, chuchotant de la commande à l’adition, et s’écoutant l’un l’autre avec le même intérêt que s’ils venaient de faire connaissance.

                                       A suivre…..

 

 

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