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T. Leprince-Ringuet

Roman de T. Leprince-Ringuet :   Aurelio Aurelia

 

(extrait N°8)

 

Sur Belphégor, je traversais la forêt compacte qui enserre Bures. Parvenu à un certain carrefour des Quatre Chênes, j’aperçus un homme, ou plutôt le dos d’une soutane, marchant devant moi courbé sous les rafales. Je m’apprêtais à lui proposer de le prendre en croupe quand l’accident se produisit….Une branche vint s’abattre sur mon piéton et le coucher roide…. Et j’eus la pensée de fouiller son sac. Je mis la main sur un portefeuille…il s’agissait d’un certain père Athanase, vingt-quatre ans, engagé par la baronne de Versigny- Versigny ! le nom même de la fiancée de Karl !- pour remplir chez elle les fonctions de précepteur.

 

Alors me vint une idée infernale…Séduire l’oiselle sous la peau d’un prêtre…voilà une vengeance piquante, propre à se faire tordre la cour durant des mois….La baronne n’avait pas encore rencontré son futur employé….je me sentais de taille à instruire qui voudrait……..Sans traîner, je menais mon macchabée dans le bois à l’abri de tout possible regard………je me mis en devoir de le déshabiller…..je revêtis sa soutane…….mais Athanase aurait pu être reconnu, avant de le jeter dans une fondrière proche, je lui assénais à plusieurs reprises une pierre de poids sur le visage………j’enfourchais Belphégor et partis en flèche vers le château de Bures……………………Votre élève, l’abbé, est ma fille ainée Aurelia……….le prénom étant un reflet de la personne, je gageai que ma vengeance ne me coûterait pas trop….j’en frisais déjà ma moustache, comme disent nos bons auteurs………….

…….je la détaillais à la dérobée : sous l’étoffe simplette, le corsage s’avérait prometteur, et je me jurai bien de l’explorer dans le détail sitôt que l’occasion m’en serait  donnée…………………………je me gorgeais de la délicatesse de sa main, du délié de sa taille, de son sein entraperçu…………….

-Avouez mon ami, que votre religion est plaisante de donner ainsi à son ministre le loisir de remettre un péché dont il non seulement l’instigateur, mais surtout l’actif participant ! J’étais un faux prêtre, soit, j’aurais aussi bien pu en être un vrai !.......................

……………….

(Aurelio organise un bal masqué dans son manoir où il a logé sa maîtresse Suzon et toute une bande d’amis)

 

Suite au prochain numéro, si vous le voulez bien.

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