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L’ours et le loup N°58
C’est nous les loups ! (Extraits de la scène 1)
LE PRESENTATEUR : Mesdames et Messieurs, nous vous remercions de votre présence. Le sujet de notre conférence de ce soir retiendra, j’en suis sûr, votre attention ; nous avons en effet demandé à Monsieur Jean-Baptiste Paulard de nous entretenir d’un sujet qui, s’il nous semble familier, ne nous est pas moins méconnu : le loup !
Monsieur Paulard, ethnologue et zoologue de renom, sait, bien entendu, de quoi il parle…Toute sa vie fut consacrée à l’étude de ce mammifère qui tient une place si importante dans nos civilisations.
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Je vous demande de bien vouloir applaudir notre conférencier, qui nous vient spécialement de la Préfecture, Monsieur Jean-Baptiste Paulard…
Ah ? Excusez-moi…je vais voir ce qui arrive à notre conférencier…
MADEMOISELLE TRABOIS : Il s’est fait manger par les loups !
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MONSIEUR PAULARD : Excusez-moi. Je m’étais assoupi…Vous avez été un peu long…Et puis le voyage…Je n’ai rien mangé…J’ai une faim de loup !
LE PRESENTATEUR : Une faim de loup…Quel humour !...
J-B. PAULARD : Monsieur le Maire, mon cher Président, Mesdames et Messieurs. « canis lupus, canis latrans, canis aureus, canis mesomelas, canis adustus, canis sipensis, canis lupus hodophilax, thylacinus cynocéphalus », toutes ces appellations appartiennent au groupe, je devrais dire au genre canis, qui est lui-même divisé en six epèces bien distinctes. Mais, pour toutes, l’homme utilise, de manière générale, un titre générique : le loup !
…Le voici cet animal qui apparut, tout du moins dont l’ancêtre apparut sur notre planète au pliocène, il y cinq millions d’années. Au pliocène, me direz-vous, mais que dire du miocène, 22 millions d’années, où sévissait le tomarctus, que dire de l’oléocène, 38 millions d’années, hanté par le cynodictis, que dire du paléocène, 65 millions d’années où se rencontrait la silhouette du miacis ?
La question est posée, mes chers amis, elle se perd dans la nuit des temps…Le squelette de l’animal contemporain…Enfin, quand je dis contemporain, sachez quand même qu’il remonte à 200 000 ans, un grain de sable à l’échelle de l’Histoire.
Son squelette donc nous apprend bien des choses : si l’avant-train est robuste, l’arrière-train présente, quant à lui, des faiblesses caractéristiques de l’ordre des canidés ; on remarque cependant les attaches latérales de l’omoplate dont la position oblique, nettement plus prononcée que chez le chien par exemple, confère à l’animal une remarquable aisance de mouvement…
Fin de la scène 1
Pour les références, voir : « l’ours et le loup » N° 56 et N°57, merci.