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Une chanson triste du ménestrel Peire Vidal (12ème siècle) pièce N°28
Pos vezem que l’iverns s’irais
Puisque je vois que l’hiver disgracieux
S’irrite et qu’il s’éloigne du temps amoureux,
Puisque je n’entends plus ni chants ni chansons
D’oiseaux par les vergers feuillus du Piémont,
Avec le froid du sombre hiver, je me lasserai
De composer poésies et lais.
Je dirai simplement quel est mon martyr.
J’ai eu, en mon cœur avide, de longs désirs pour une belle.
Aujourd’hui, je tiens de graves pensées au sujet de celle
Qui me trahissait. Je la portais dans mon cœur loyal
Mais je fus trop facile à tromper. Elle n’a aucune pitié pour l’amant sentimental.
Hélas ! Je suis resté, bon apôtre,
En son pouvoir car je n’ai pas voulu en chercher une autre.
Je suis irrité quand je pense à ses beaux yeux.
Jamais plus, je ne serai joyeux.
Je suis fâché d’entendre son éloge sublimé
Et suis heureux de l’entendre blâmée.
Je me réjouis de tout le mal qui peut lui advenir.
D’orgueil qui ne s’abaissât, jamais je n’ai entendu dire.
Plus il monte haut, mieux il tombe bas.
J’abandonne ma belle et la laisse à tous, las,
Puisque je ne peux rien changer,
Il est juste que je cesse de la protéger.