Politique,Actualité,Histoire, Ecologie,Littérature, sémantique, Poésie,Humour,Santé, Musique,fantaisies,dérision, divers
Un troubadour du tonnerre : Peire Vidal (poème N°27)
Celui-là est bien peu savant et peu instruit
Qui se plaint de l’Amour et en dit
Du mal. Car Amour sait donner la joie
Aux malheureux, il rend le malotru courtois.
Il empêche de faillir tout homme qui sait le chérir
En se cachant. Amour pardonne à ceux qui ont pu faillir
Et les amants parfaits sont par lui bons et distingués.
Qu’elle soit heureuse tous les jours de l’année
La douce créature, gaie, avenante, bien élevée,
Désirée et chérie par les meilleurs
Celle qui est remplie de tous biens, qui me sut
D’un doux regard frapper au cœur.
M’en séparer, je ne voudrais jamais
Car il n’y a pas de femmes, il n’y en eut
Et il n’y en aura jamais
Qui ait tant de belles qualités et d’aussi nobles façons.
Jamais il n’arriva à nul amant tant de satisfaction
Ni jamais il ne fut enrichi d’une joie aussi parfaite
Comme le jour où mon chant de poète
Fut agrée par vous, ma dame,
Et qu’il vous plut que je chante de toute mon âme
Votre louange et votre mérite si cher.
Tout ce que je sais dire ou faire
D’avenant, je l’attribue à votre beauté et à l’amour
Que je regarde chaque jour
Comme l’équivalent d’un palmarès exquis.
Vous m’avez tant donné après m’avoir conquis
Que nul autre don ne vous sera demandé par moi.
J’ai mis en vous toute ma foi.
Je dois vous rendre grâces
Et, courtois, éviter les actions viles ou basses.