Politique,Actualité,Histoire, Ecologie,Littérature, sémantique, Poésie,Humour,Santé, Musique,fantaisies,dérision, divers
POEME N°25
Neus ni gels ni ploja ni fanh
Neige ni pluie ni boue ni froid
Ne m’enlève allégresse ni joie.
Le temps obscur me parait clair
A cause de la nouvelle joie si entière
Dans laquelle je me repose, honoré ;
Car une jeune dame a conquis mon amour.
Et si je pouvais la conquérir à mon tour !
Quand je la contemple, elle me parait
Si belle que de bonheur je m’envolerais.
Celui qui est pris au piège prédisposé
Est sauvage jusqu’à ce qu’il soit apprivoisé,
Puis il devient familier, puis profiteur,
Si on le traite bien et avec douceur.
Idem, il est d’usage, quand on veut caresser
Et aimer une femme, de la gentiment courtiser.
Avec un peu de feu, l’ouvrier fait
Fondre l’or, le brise, le martèle
Jusqu’à ce qu’il soit affiné.
Cela rend son œuvre plus belle.
Si le feu d’amour s’allumait en elle
Comme il a pris en moi, je pourrais avec entrain
Chanter : « Elle le mérite bien. »
On ne doit pas se désespérer.
L’amant d’une noble dame doit être mesuré
Et sage, prudent et courtois.
Se fâcher, il ne doit.
Se plaindre, il ne faut ; car amour et fâcherie
Ne vont pas ensemble,
Il me semble.
……….
A moi seul, j’ai pris cent cavaliers
Et j’en ai dépouillé
Autant. J’ai fait
Pleurer cent femmes. J’en ai fait
Rire et jouer cent autres,
En bon apôtre.
……………
Maintenant, je fais halte
Et suis admis à Malte.
J’en suis heureux, car aucune qualité
Ne lui manque au Comte Henri.
Il est libéral, courtois, hardi.
Il me ressemble pour la courtoisie
Et la libéralité.
Les grands me traitent bien et les petits
M’honorent et m’aiment aussi.