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Peire Vidal, génial ménestrel du 12ème siècle

 

 

  POEME N°25  

 

Neus ni gels ni ploja ni fanh

 

 

Neige ni pluie ni boue ni froid

Ne m’enlève allégresse ni joie.

Le temps obscur me parait clair

A cause de la nouvelle joie si entière

Dans laquelle je me repose, honoré ;

Car une jeune dame a conquis mon amour.

Et si je pouvais la conquérir à mon tour !

Quand je la contemple, elle me parait

Si belle que de bonheur je m’envolerais.

 

Celui qui est pris au piège prédisposé

Est sauvage jusqu’à ce qu’il soit apprivoisé,

Puis il devient familier, puis profiteur,

Si on le traite bien et avec douceur.

Idem, il est d’usage, quand on veut caresser

Et aimer une femme, de la gentiment courtiser.

 

Avec un peu de feu, l’ouvrier fait

Fondre l’or, le brise, le martèle

Jusqu’à ce qu’il soit affiné.

Cela rend son œuvre plus belle.

 

Si le feu d’amour s’allumait en elle

Comme il a  pris en moi, je pourrais avec entrain

Chanter : « Elle le mérite bien. »

On ne doit pas se désespérer.

L’amant d’une noble dame doit être mesuré

Et sage, prudent et courtois.

Se fâcher, il ne doit.

Se plaindre, il ne faut ; car amour et fâcherie

Ne vont pas ensemble,

Il me semble.

……….

 

A moi seul, j’ai pris cent cavaliers

Et j’en ai dépouillé

Autant. J’ai fait

Pleurer cent femmes. J’en ai fait

Rire et jouer cent autres,

En bon apôtre.

……………

Maintenant, je fais halte

Et suis admis à Malte.

J’en suis heureux, car aucune qualité

Ne lui manque au Comte Henri.

Il est libéral, courtois, hardi.

Il me ressemble pour la courtoisie

Et la libéralité.

Les grands me traitent bien et les petits

M’honorent et m’aiment aussi.

 

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J
L'époque s'y prêtait et les mots sont particulièrement choisiset beaux....Je pencherais volontiers, pour une sensibilité à fleur de peau,quitte à me noyer dans des yeux pleins de poèmes...Hum, hum, chacun ses goûts...
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D
<br /> ton choix est judicieux, mais je crois que sa profession l'amenait automatiquement à lécher les bottes des seigneurs et des dames de haute futaie, comme disait Brassens, qui , lui, n'était pas un<br /> flatteur-né!<br /> <br /> <br />
C
Ca me surprend toujours cette manière de dire que l'on aime, ou que l'on est aimé, ou que l'on aimerait être aimé, que ce soit d'une femme ou de seigneurs, de rois, etc... Une façon de réclamer ou de se rassurer : oui on m'aime. C'est très exactement le genre de paroles dont je suis incapable. Je ne peux pas sortir de moi ces mots là, ce serait comme si je m'éventrais volontairement, enfin quelque chose comme ça.
Répondre
D
<br /> oui, est-ce dû à l'époque, ...à l'amour courtois...ou vidal avait-il une sensibilité à fleur de peau ou encore était-il un flatteur invétéré ??? hormis ces questions, je ne vois pas<br /> bisous , Claire<br /> <br /> <br />