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Quelques très grands pianistes de jazz
qui sévissaient dans la première moitié du 20ème siècle.
Ferdinand Jelly Roll Morton (1885-1941)
Ses solos nous apportent la candeur et le fumet des premiers temps du jazz. Très mélodieux, il est imprégné de la pulsation rythmique de la Nouvelle-Orléans.
Earl Hines
Il est connu pour avoir adopté au piano le style Armstrong.
Son chef d’œuvre est « Weather bird » qui est d’ailleurs un duo avec Armstrong.
Né en 1905, il devait avoir pendant ½ siècle une influence considérable sur un grand nombre de musiciens.
Fats Waller
J’ai déjà parlé de ce phénomène. Il était capable de transfigurer le thème le plus banal, le plus insipide en petit chef d’œuvre, tant il avait d’invention mélodique et harmonique.
Parmi les meilleurs enregistrements, et au risque de me répéter, je citerai en vrac :
Handful of keys, Valentine stomp,
Hold tight, the join is jumpin’, your feet too big, I’m crazy about my baby, I’m crazy about my baby,
En 1935: alligator crawl, viper’s drag
En 1937: stardust, I ain’t got nobody, keepin’ out of mischief now,
En 1941: Ring dem bells, Carolina shout, et honey suckle rose (4ème version)
Entre 1926 et 29, il enregistre des solos d’orgue remarquables: Lenox avenue blues, Beale street blues.
Willie Smith the Lion
Pour éviter de trop me répéter, je dirai seulement que ce pianiste a un swing impressionnant, et dans les ballades il excelle grâce à une incomparable délicatesse. Il composa de ravissantes mélodies : echoes of spring, rippling waters, etc.
James P. Johnson (1894-1955)
Il a un swing impétueux. Sa musique est remplie d’inventions mélodiques.
Particularité : il part souvent d’ « une musique classique » pour composer (caprice rag est inspiré de Chopin)
A écouter : Carolina shout (1921), if I could be with you, charleston, etc.
Nat King Cole
Est plus jeune. Il est né en 1917. il a fait sa renommée avec des chansons sirupeuses. Mais c’est un pianiste d’une qualité « jazz » remarquable.
Il créa son trio en 1939. il s’inspire d’Earl Hines et de Tatum. Et lui-même influença Billy Taylor, Oscar Peterson, etc.
Curiosité : quand O. Peterson se met à chanter, on croirait entendre souvent King Cole !
Art Tatum (1909-1956)
Swing infaillible, technique fabuleuse, inspiration présente à chaque moment, bref Tatum est un géant, si ce n’est « le » géant.
Son trio (1943-1944) est le meilleur de l’époque.
Errol Garner
Né en 1921, sa particularité est de jouer du piano d’une façon orchestrale.
« concert by the sea » est un de ses meilleurs enregistrements ; sur Automn leaves, l’enchantement commence.
Son style réside dans le fait qu’il y a un décalage entre sa main droite et la gauche.la main gauche est respectueuse du rythme jazz, tandis que sa main droite batifole au gré de son imagination. Ce décalage fournit un swing extraordinaire. Les puristes disent qu’il rhapsodie un peu trop dans les mouvements lents.
Mais Garner prend un tel plaisir (communicatif) à jouer qu’il est difficile de lui en vouloir.
Teddy Wilson
Né en 1912, il enregistre ses premiers disques avec Armstrong (excusez du peu) en 1933.
Son toucher est incisif et délicat tout à la fois. C’est un maître de l’harmonie.
Certaines mauvaises langues lui reprochent son toucher parfois « perlé » au prétexte qu’il a
partiellement adopté la technique « classique » du piano.
Faut-il rappeler à ces grincheux que l’on retrouve dans toute l’histoire du jazz une telle inspiration.
POUR ECOUTER quelques uns de ces pianistes, cliquez sur le carré noir situé dans la colonne de gauche de ce blog