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Les origines du jazz 2/3
Lafcadio Hearn, ce nomade qui roula sa bosse par tout l’univers avant de se fixer au Japon, signalait dès 1880 que les créoles de la Nouvelle-Orléans usent du mot jazz, emprunté au patois des Noirs et signifiant « exciter », pour désigner une musique de type syncopé et rudimentaire.
D’après Walter Kingsley, le mot qui serait emprunté à un dialecte africain, était en usage dans les plantations et les Noirs s’en seraient servis pour s’exciter à la joie, explication qui rejoint celle de Lafcadio.
Ou bien « jazz » est un vieux mot celtique, dont la forme provençale est « jasar », la forme française de « jaser », « gazouiller », la forme italienne « gazza » qui signifie la pie, ou la forme bretonne « geiz ».
Les Noirs dans les églises, ne sachant pas lire pour la plupart répétaient des psaumes, après le pasteur. Le Bay Psalm Book fût imprimé dans les colonies d’Amérique en 1640.
Les noirs lisaient ligne par ligne, puis peu à peu distique par distique. Ceci aurait donné naissance au blues, aux « spirituals ».
Ou bien étaient-ce les lamentations des pleureuses ?
Le ‘spiritual’ rappelle tellement le chant grégorien qu’il n’est pas déraisonnable d’admettre qu’il est dû à l’influence du catholicisme romain, religion de la Louisiane créole adoptée par un grand nombre de Noirs des plantations, tout en étant une création lyrique originale.
Notons que les ‘Spirituals’ n’ont que deux vers à chaque strophe.
Les colons chantaient sur des airs qui leur étaient familiers car la musique notée n’apparaît qu’en 1690.
Une loi de 1675 avait proscrit tout autre accompagnement que celui du tambour, de la trompette et de la guimbarde (embryon de l’orchestre de jazz).
Le premier ‘blues’ serait (de?)‘Joe Turner’ qui remonte à 1895.