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Les origines du Jazz -1/3
Ansermet : « La musique nègre n’est pas matière, elle est esprit. »
Quincy Jones : « Sans émotion et sans rythme, le jazz n’est pas lui-même…Le jazz ça a toujours été un homme qui dit la vérité sur lui-même. »
Maurice Ravel avait le sentiment d’un européanisme original du jazz : « la musique de jazz, déclarait-il dans une interview américaine en 1930, n’est pas un produit du 20ème siècle ; ces origines sont beaucoup plus lointaines. Les vieilles mélodies écossaises possèdent les éléments du blues moderne. » Ravel fait sans doute allusion au snap écossais.
Les mélodies franco-italiennes de 1840 (par ex. le ballet ‘Gisèle’ d’Adam) contiennent aussi des éléments de la musique de jazz.
La musique de Gottschalk, le compositeur créole du Second Empire a peut-être été l’ancêtre des blues et des charlestons.
Un compositeur belge Arthur Hoérée soutenait dès 1927 une thèse analogue qu’il fondait non sur l’histoire mais sur l’harmonie. Il tenait le jazz non pour une expression essentiellement nègre, mais pour une interprétation nègre d’un art de race blanche et d’origine européenne.
Il est curieux de constater à ce sujet qu’une étymologie, une des plus séduisante, une des plus plausibles du mot ‘jazz’ est un verbe (jaser ?) d’une langue romane, communément employé en Louisiane, berceau du jazz et ancienne province française (vendue par Bonaparte) où n’ont cessé de se perpétuer, malgré l’américanisme, les modes françaises de penser et de sentir.