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Le tour de la France par deux enfants 9
Mégisserie :
Lorsque le cuir a été tanné et qu’il a subi les premières préparations, il reste à le rendre doux et souple. Pour cela, l’ouvrier l’étend sur une table et le frotte avec un instrument en bois cannelé qu’on nomme marguerite.
On appelle ‘mégissiers’ les ouvriers qui travaillent les peaux fines et ‘corroyeurs’ ceux qui travaillent les peaux plus grossières.
Briançon.
Cette ville, place forte, est la plus élevée de France : 1300 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Le ver à soie
Il a 0,08 m. de long. Il est blanc avec une petite tête. Le mûrier blanc dont il se nourrit est originaire de Chine. On a pu l’acclimater dans le midi de la France et même en Touraine. Cet arbre s’élève à 8 ou 10 mètres dans nos climats ; jusqu’à 20 mètres dans les climats chauds.
Ce sont des moines voyageurs qui, en grand secret, ont rapporté de Chine en Europe le ver à soie et des plants de mûrier. Ils avaient caché les œufs de ce ver à dans des cannes creuses car ils encouraient des peines sévères de la part des chinois qui voulaient garder pour eux cette industrie fructueuse.
Plus tard, ce fût le pape Grégoire X qui dota la France de l’industrie du ver à soie. Le comtat d’Avignon appartenant alors aux papes, on y fît planter des mûriers et élever des vers à soie. Puis dans toute la vallée de Rhône, on imita Avignon. Chaque année, on y éleva des milliards de vers.
Les chambres où l’on élève les vers à soie s’appellent des magnaneries parce que, dans le patois provençal, on appelle les vers à soie les magnans. Là, ils sont nourris par des milliers de feuilles qu’on leur apporte.
Le cocon est une enveloppe soyeuse que se filent les chenilles et où elles s’endorment. En secouant le cocon, on entend dedans le ver endormi.
Dévider un cocon n’est pas facile. Le fil est si fin qu’il en faudrait une demi-douzaine réunie pour égaler la grosseur d’un cheveu.
La fileuse battait avec un petit balai de bruyère les cocons placés dans une bassine d’eau bouillante afin de décoller les fils. Le premier fil trouvé, elle le posait sur le bord de la bassine. Elle en réunissait quatre ou cinq afin d’obtenir un fil plus gros, plus solide. Le métier dévidait alors la soie en écheveaux.
Les cocons sautaient dans la bassine. A mesure que le métier tournait, les cocons se dévidaient et diminuaient de grosseur.
A la fin des cocons, des choses noires s’échappaient dans l’eau : les vers qui se sont transformés=les chrysalides (1), (Le cocon filé par le ver à soie est une sorte de nid où il se retire comme pour s’endormir. Les vers percent le cocon et sortent alors changés en papillon). Les fileuses ne les laissent pas s’éveiller, car s’ils perçaient le cocon, adieu la soie. Il ne resterait que mille petits brins brisés au lieu du précieux fil long parfois de 350 mètres.
(1) tous les insectes du genre de la chenille, avant de devenir papillons, restent pendant un temps plus ou moins long dans l’immobilité la plus complète, et sans prendre aucune nourriture. L’insecte dans cet état s’appelle la chrysalide.
Mais les fileuses (futées) laissaient des vers percer leurs prisons et s’envoler. Aussitôt sortis, les papillons femelles pondaient des œufs. Elles recueillaient ces œufs, la graine, attendaient le mois de mai, et soignaient les jeunes vers à soie…qui, en échange, leur donnaient de nouveaux cocons.