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Chapitre 35 : le modern jazz quartet
Toute la musique que j’aime
Cette petite formation, constituée en 1951-1952, entamait l’une des plus étonnantes carrières de l’histoire du jazz. Elle se voyait attribuer, en 1954, la première place au référendum des critiques de la célèbre revue down beat. Le MJQ, c’est un son parfaitement équilibré et un style (dosage des volumes, mise en place, répartition des registres). Il apporte au jazz respectabilité, propreté, pureté en refoulant toutes rudesse et vulgarité.
Certains critiques lui reprochent d’avoir juxtaposé musique classique et jazz ( !)
Composé de John Lewis (piano), Milt Jackson(vibraphone), Kenny Clarke (dans un premier temps) à la batterie, sera remplacé par Connie Kay(en 1955), Percy Heath, bassiste.
De tous les compositeurs de jazz, c’est John Lewis (né en 1920) qui explora le plus le domaine de la fugue. Dans son jeu, il faut souligner la beauté de son toucher, la finesse de l’attaque, alliées à une chaleur et une émotion contenues.
Au cours des années sa conviction s’est effritée. C’était une erreur de superposer le langage musical d’une Europe défunte et le rythme négro-américain.
Mais on ne peut pas rester insensible à cette musique gracile, à la délicieuse association sonore dont l’équilibre tient du miracle.
Les solos au swing et à l’inspiration incontestables de Milt Jackson, et le jeu du drummer étaient là pour rappeler aux amateurs qu’il s’agissait bien de jazz.
Milt Jackson a un phrasé subtil, coulant et un goût très sûr, clair, naturel.
Percy Heath, né en 1923, est un des bassistes les plus sollicités par tous les grands musiciens de l’époque.
Ce M.J.Q. a produit beaucoup de chefs d’œuvres mais j’ai un petit faible pour une valse : skating in Central Park.
(D’après A. Francis, A. Hodeir et Lucien Malson)