Politique,Actualité,Histoire, Ecologie,Littérature, sémantique, Poésie,Humour,Santé, Musique,fantaisies,dérision, divers
UNE SACREE FIESTA
Verlaine avait écrit : « je ne sais rien de gai comme un enterrement… »
Me revient en mémoire le souvenir d’une fête triste, ratée.
L’association (loi 1901) dont je faisais partie avait voulu fêter le 10ème anniversaire de son existence.
Se côtoyant depuis des années, les membres de cette association se connaissaient bien, s’estimaient et discutaient chaleureusement entre eux lors de chaque réunion de travail.
Pour fêter ses 10 ans, le site avait été bien choisi : un casino, au bord de l’eau.
Convocation pour le dîner à 20 heures. La salle à manger : une pièce rectangulaire, murs en béton qui avaient été blanchis à la chaux sans doute juste après la dernière guerre. Des chaises en ferrailles, sans coussin. 5 ou 6 tables en contre-plaqué, recouvertes de vieilles nappes orange décolorées.
Pas de toast de bienvenue par le Président.
On s’assoit.
Le vice-président ne bronche pas. Silence sur les travaux réalisés par nos équipes.
Aucun discours, aucun bilan financier.
Arrive l’apéritif (oui, quand même !) : on nous sert une flûte de kir royal, c'est-à-dire un huitième de cuiller à café de cassis, bien bloqué dans le fond du verre rempli aux deux tiers par un mousseux médiocre et tiède.
Pas de cacahuètes, pas de chips, nada.
« Les convives » atterrés se taisent. Aucun « j’en ai une bien bonne… », ou « tu te souviens quand tu… »
L’entrée est servie : une salade verte dans laquelle baignaient de petits morceaux de jambon de Bayonne.
On entend un « passe-moi le sel… »
Suit ‘Le Plat’. Vous allez rire : des filets de merlan congelés accompagnés d’une pomme de terre vapeur coupée en deux et parcimonieusement persillée.
On nous sert un ballon de Muscadet.
Fuse un « Hum ! C’est sympa… »
Je vous passe la suite. Ambiance nulle.
A la fin de ce frugal repas, le Secrétaire Général se lève et déclare fièrement : « Et maintenant temps libre ! »
Quelques couples vont danser dans la pièce attenante. La sono est défaillante, mais qu’importe.
La plupart vont faire gling-gling devant des machines à sous.
Quel ennui ! A dix heures, je me retire. Effarante vision dans le hall, je croise le Président presque ivre mort, soutenu par deux call-girls…
Triste fête.