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Chapitre 27 : ERROLL GARNER
D’après A.Francis
Né en 1921, Erroll Garner est un musicien autodidacte qui ne sait pas lire la musique.
(Il a dû apprendre par la suite, je crois !) . Son oreille extrêmement sensible lui a permis de développer un style qui fût audacieux.
Sur tempo lent, son jeu est faisandé (pas toujours) par une surcharge d’arpèges, tandis que sur tempo moyen ou rapide son jeu est aussi plein que mouvementé. Alors que sa main gauche lui donne une assise puissante mais au rythme souvent brisé, il se sert de sa main droite avec une liberté mélodique très attrayante. Ses deux mains en retard l’une par rapport à l’autre créent un jeu décalé favorisant un swing de grande qualité.
Ces quelques lignes de Michel Dorigné sont plus intéressantes :
« Le langage du style de Hawkins, c’est celui du merveilleux phrasé de ‘Body and soul’, celui de Parker c’est le solo inoubliable de ‘Cool blues’ ou le break fou de ‘Night in Tunisia’.
Et Errol Garner ? A un des plus grands pianistes de l’histoire du jazz, fait à la fois d’un classicisme solide et d’un modernisme extravagant avec ce quelque chose en plus, mi-lazy, mi-gouailleur, qui ne ressemble qu’à lui-même, est-il nécessaire de coller une étiquette ? Le style échappe à la géographie, il est historique : le style, c’est Garner tout court.
Voilà qui est bien envoyé aux pseudo puristes qui décrient la qualité de cet extraordinaire pianiste de jazz.
Michel Savy : Garner est un des plus novateurs de son instrument dans ses conceptions mélodiques, harmoniques et rythmiques. Des grandes personnalités de pianistes, il fait indéniablement partie. Il possède un swing considérable, un style vivant, attrayant, varié, passionnant, révolutionnaire. Son extraordinaire main gauche tient lieu à elle seule de section rythmique. A lui seul, son piano devient un véritable orchestre. Son décalage entre les deux mains est générateur d’un swing peu imitable. La main droite dispose d’une grande variété de toucher. Garner aime tout jouer.
Jelly Roll Morton avait dit cette phrase définitive : on peut tout jouer en jazz. La musique importe moins que la manière de l’interpréter
Garner ne s’en est pas privé. Dans son œuvre, on retrouve du Debussy, du Ravel, du Dvorak, et même des chansons parisiennes (moulin rouge ou la vie en rose).
Un de mes morceaux préférés est « but not for me » enregistré en 1956. Mon album préféré « concert by the sea » (1955)