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Chapitre 14
Toute la musique que j’aime
THOMAS FATS WALLER (1904-1943)
Le surnom de ce pianiste vient de sa forte corpulence.
Son père, pasteur, le destinait à la carrière ecclésiastique. Il lui fît apprendre l’orgue.
Or, à 17 ans, il devient chef d’un petit groupe de jazz.
Et à 18 ans, il enregistre son premier disque de solo de piano.
Son père a dû se faire une raison sur le destin de son fils mais être satisfait de le voir enregistrer plusieurs disques de jazz à l’orgue. Il était, c’est peu connu, un des premiers et très rares musiciens à exceller sur cet instrument et à le faire swinguer admirablement.
Sa musique était d’une telle qualité que lorsqu’il accompagnait les films muets en improvisant, les musiciens se pressaient dans le cinéma où jouait Fats. Ils ne s’occupaient pas du film et ne prêtaient attention qu’à l’organiste.
Fats Waller ne devînt vraiment populaire que lorsqu’il se mît à chanter, tournant en ridicule avec beaucoup d’humour et de jovialité, les paroles bébêtes des airs à succès, déniaisant ainsi ces morceaux en leur insufflant une saveur inattendue.
Pour les producteurs, hélas, il était plus commode de l’utiliser comme bouffon et clown que comme le grand artiste qu’il était.
Je me souviens d’une émission de radio présentée par André Francis. Celui-ci avait eu l’excellente idée, pour constituer son programme, de n’extraire, de nombreux enregistrements de Fats et son orchestre, que ses solos et uniquement les solos, mis bout à bout. Un régal que j’avais enregistré au magnétophone. Il faut savoir (c’en est ainsi pour Armstrong) que les accompagnateurs de ce virtuose, bien souvent, ne lui arrivaient pas à la cheville.
Après 1927, Fats s’impose justement comme l’une des plus grandes figures du jazz avec Amstrong, et Ellington.
Fats avait un jeu d’une vivacité et d’une plénitude étonnantes à la fois flegmatiques et vigoureuses.
En décembre 1943, il prend le train pour rentrer chez lui. Panne de chauffage. Un froid polaire dans le wagon. Son manager le trouve tremblant, suffocant, à demi inconscient. Le médecin arrive trop tard.
(d’après H. Panassié et M. Laverdure)
Je vous recommande une organiste dame Scott (j’ai oublié son prénom) qui a (ou avait) l’habitude de jouer pieds nus.