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La coiffure féminine au début du règne de Louis XVI
(D’après Alain Decaux)
Sur les têtes féminines (plutôt certaines, je pense) s’élèvent d’étranges monuments, qui atteignent des hauteurs parfois insoupçonnées. Il ne s’agit plus de coiffures, mais d’œuvres d’art qui hélas ne durent qu’une journée. Cela s’appelle le « pouf aux sentiments ».
Marie-Antoinette donnera le ton. On la verra un jour « transporter allègrement sur sa tête un jardin anglais avec ses prairies, ses collines et ses ruisseaux argentés. »
Certaines portent dans les cheveux un cyprès, une corne d’abondance, ou un soleil levant.
On signale un coiffeur égocentrique qui s’est représenté lui-même, perché sur une grande échelle d’où il regarde la gigantesque coiffure qu’il vient de composer pour sa cliente.
Le record du genre a été battu par la duchesse de Lauzun : elle arrive un soir chez Mme du Deffand avec un pouf représentant un chasseur mettant en joue des canards s’ébrouant au bord d’un lac agité par le vent. Ce lac est dominé par une colline surmontée d’un moulin. La meunière est là aussi et ne craint pas de recevoir les compliments d’un charmant abbé…Le meunier préfère s’éloigner avec son âne, trottinant vers l’oreille de Mme de Lauzun.
On en est même venu à la coiffure mécanique. Il suffit d’appuyer sur un ressort, glissé dans le chignon, : aussitôt une rose s’épanouit.