LE MAL D’ANDRE (5/7)
Somerville étendit la main, prit entre deux doigts
Un peu de chair du rabat-joie
Au derrière ou à la cuisse
Et il pinça.
Supplice !
André hurla.
Le capitaine pinçait
Partout ; il saisissait
Vivement
Un bourrelet de peau et le tordait
En serrant violemment,
Puis le lâchait
Pour en prendre un autre
A côté, puis un autre
Plus loin, puis encore un autre.
L’enfant poussait des clameurs
Tel un porcelet placé
Sous le couteau d’un égorgeur.
La mère l’embrassait,
Le caressait,
Essayait de le calmer.
Mais André devenait violet. Brimé,
Il agitait ses petits pieds
Et ses petites mains déployées
D’une façon effrayante
Et navrante.
Tout son corps vibrait de secousses.
Le capitaine dit d’une voix douce :
« Essayez de remettre le loupiot
Au berceau ;
Dans ses draps,
Il se calmera. »
Dès qu’il fût sorti du lit de sa mère,
Les cris s’apaisèrent.
Dès qu’il fût bien
Rentré dans le sien,
Il se tût.
Le reste de la nuit fût
Tranquille.
Les amants pouvaient poursuivre leur idylle.
A SUIVRE…