LE MAL D’ANDRE (1/7)
« Le mal d’André » est une nouvelle de Maupassant si délicieuse que je n’ai pu résister à l’envie de vous la conter en raccourci et transformée en mauvais bouts rimés.
Voulant obtenir un galant rendez-vous
Avec Mathilde, la femme
De Maître Moreau,
Etienne, Capitaine beau
Et bien fait
Ne cessait
D’implorer la dame
En termes amoureux et doux.
Elle résistait.
Pourtant elle se sentait
Isolée, négligée par son mari.
Un jour, le notaire
Est parti
Une semaine à Paris
Pour affaires.
Mathilde devenait libre comme l’air
Et se savait aimée par le militaire.
Elle céda,
Non sans réticence,
Devant l’insistance
Du soldat.
-« Mathilde, mon amie,
Mon adorée, ma chérie,
Mon ange, entrons
Chez vous, votre maison
Est à deux pas. »
-« j’ai peur, qui sait ce qui arrivera. »
Etienne la tenait serrée dans ses bras.
A son oreille,
Il murmure sans ambages :
-« les murs
N’ont point d’oreilles.
Tes domestiques sont au troisième étage.
Personne ne nous entendra.
Je veux t’aimer tout entière. »
Ils montèrent
Dans la chambre, au premier.
Elle, honteuse, effrayée,
Tomba défaillante,
Palpitante
Sur le divan.
Etienne Sommerville
Se mit à genoux devant
Elle et lentement,
Avec adresse, il la déshabille.
Lorsqu’elle est déboutonnée,
Dégrafée, délacée,
Elle sort de ses vêtements
Toute nue,
Comme une main sort d’un manchon.
Eperdue,
Effarouchée,
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Mathilde va cacher
Son visage sous le polochon
Et s’étend sur le lit.
Etienne se hâte de l’y
Suivre. Mais dans sa précipitation,
Son sabre tombe sur le parquet glissant
Avec un bruit retentissant.
CONSTERNATION !
Aussitôt, un cri aigu
Et continu,
Un cri d’enfant partit,
Sapristi,
De la pièce contiguë
Dont la porte était restée ouverte
Ou entrouverte.
Mathilde murmura :
-« Madré !
Vous venez de réveiller André.
Il ne pourra
Pas se rendormir sans moi. »
Son fils avait quinze mois
Et couchait près de sa mère
Afin qu’elle pût, la nuit,
Veiller sur lui.
Le militaire, fou d’ardeur,
En bon baroudeur
N’écoutait pas.
Il susurra, courtois,
-« je t’aime, tu es à moi. »
A SUIVRE….