Flora TRISTAN (1803-1844)
(D’après Edith Thomas-‘les femmes célèbres’)
Elle était la fille d’un noble péruvien et d’une jeune française émigrée en Espagne.
A quinze ans, elle entre comme ouvrière coloriste dans l’atelier d’un peintre-lithographe, André Chazal, qui l’épousera.
Les gènes sautent souvent une génération…
Sonpremier mérite fût donc d’être la grand-mère de Gauguin.
Son deuxième mérite est le lancement, avant Karl Marx, de l’idée consistant à réaliser l’union internationale du prolétariat, de l’émancipation des travailleurs par les travailleurs eux-mêmes.
Accessoirement, il faut avouer qu’elle plaidera toute sa vie pour les droits de la femme, chers à Olympe de Gouges (1748-1793) …qui a été guillotinée.
Mais sachez, mesdames, que « votre » mouvement, le féminisme, est aussi vieux que le monde ou presque.
Adam prend Eve pour son aide ; il se doit de la dominer. Et depuis qu’elle fût chassée de l’Eden, l’homme l’accuse d’être à l’origine de tous les maux dont il souffre sur terre.
Que d’injures envers les femmes dans l’Ecclésiaste et les Proverbes. Moïse, Solon, Confucius édictèrent des lois du genre : « aucune femme ne doit se gouverner elle-même ». Tertullien écrivit : « Femme, tu es la porte du diable. »
En 585, même le Concile de Macon se pose la question : « La femme peut-elle être qualifiée de créature humaine ? »
Pourtant Platon, en personne, avait écrit : « les femmes devraient remplir les mêmes fonctions que leurs maris. »
En fait, ce n’est qu’à la fin du XVIIIe siècle que se pose concrètement la question du rôle de la femme dans la société. Et le droit de vote est encore plus tardif. Pourtant, quelques femmes ont pu voter lors des Etats Généraux, au début du XIVe siècle.
En 1905, on verra encore en Bretagne le clergé refuser les sacrements aux ouvrières qui font grève.
Pour sûr, je vais me faire tuer par les lectrices !
En vue d’un pardon général, j’avoue que cet article est partial. Rétablissons vite l’équilibre, en citant Lamartine : « Les femmes ont plus de cœur et d’imagination que l’homme. C’est dans l’imagination qu’est l’enthousiasme, c’est dans le cœur qu’est le dévouement. Les femmes sont donc plus naturellement héroïques que les hommes. Et quand cet héroïsme doit aller jusqu’au merveilleux, c’est d’une femme qu’il faut attendre le miracle. »
Mais avouez, mesdames, que 19, voire 20 siècles, pour arriver à vos fins, c’est un tantinet poussif !
21 avril 1944, par une ordonnance de De Gaulle, les droits de vote et d’éligibilité sont accordés aux femmes.
La loi du 4 juin 1970 donne aux françaises des droits parentaux égaux à ceux de leurs maris.
Je ne suis pas un macho indécrottable, pour preuve, voici que j’avance Ronsard donnant à Catherine de Médicis un bon conseil suivant : « Las, Madame, en ce temps que le cruel orage
Menace les Français d’un si piteux naufrage…
Prenez le gouvernail de ce pauvre navire. »
Ah ! Si j’avais découvert ces vers lors de la dernière campagne présidentielle, que j’eusse été content de bloguer un tel encouragement à la Madame présente au deuxième tour.