FRAICHE FRESQUE
Victor Hugo eût beaucoup de maîtresses dont une madame Biard.
Les deux amants se sont donnés rendez-vous dans un meublé du passage Saint-Roch, le 5 juillet 1845.
Tout à coup on frappe à la porte. C’est le commissaire de police du quartier Vendôme, venu, sur la plainte du mari, le peintre Biard, constater le flagrant délit.
Implacable le Code Napoléon : il faut punir la femme adultère. Bouleversée de honte, elle est emmenée par les sergents de ville comme une criminelle. Elle est jetée à la prison Saint-Lazare au milieu des voleuses et des prostituées.
Victor Hugo, lui, peut partir librement. Il est pair de France, donc inviolable.
Il faut que Louis-Philippe fasse venir le peintre Biard à Saint-Cloud pour qu’il daigne retirer sa plainte.
Il y gagne une commande pour le château de Versailles.
Un mot courra à Paris : voilà des fresques qui vont lui faire oublier les frasques de sa femme.
Alain Decaux