NOTES DE LECTURES INSTRUCTIVES ASSORTIES DE BREFS COMMENTAIRES TENDANCIEUX ET DE RAPPROCHEMENTS HISTORIQUES HASARDEUX :
D’après « la vie quotidienne au temps de Louis XIV » de François Bluche :
En 1693 et 1694, l’hôtel-Dieu a dû loger plus de 14000 malades, dont ¼ y est mort. L’entassement est tel, que l’on met jusqu’à 4 patients dans la même couche, sans souci de freiner la contagion.
Et en 2007, on se permet de critiquer la sécu !
Pour nos pères, à la fin du XVIIème siècle, ce n’est pas dans l’économie qu’apparaît une modernité digne d’admiration. Celle-ci est contenue dans les institutions, en cette administration pilote à laquelle le Roi et ses commis apportent depuis 1661 le plus grand soin, en cette administration modèle…
Et voilà une raison qui explique le retard économique de notre pays…et la toute puissante Administration Française.
Les ouvriers des manufactures choisissaient souvent d’exercer de père en fils, faisaient engager femmes et enfants, constituaient parfois de véritables dynasties. Comme dans les vieux régiments ou sur les vaisseaux du Roi, il y a un esprit de corps. Cela est très visible à Saint-Gobain, l’usine picarde créée en 1692 sous le patronage de Louvois, réunie à la compagnie des glaces (Reuilly et Tourlaville) en 1695.
La manufacture de Saint-Gobain, édifiée dans la forêt du même nom, a un caractère gigantesque. En 1700, elle emploie 800 personnes, contre 400 à Reuilly. Le personnel supérieur est logé, chauffé, soigné par les soins de la compagnie. Une pension de retraite existe pour les cadres âgés, et les employés touchent une pension au moins égale à la moitié de ses appointements et quelquefois plus considérable. En échange, ils sont astreints à résidence : une industrie qui travaille jour et nuit a besoin d’une surveillance constante. Le directeur général touche 2400 francs par an plus une participation aux bénéfices. Les salaires dépendent aussi de l’ancienneté…la sécurité de l’emploi est une réalité. L’ouvrier devenu vieux ou semi-impotent reste employé en qualité de vétéran ou d’invalide.
Pourtant, de nos jours encore, on croit encore que les horaires de travail étaient très importants.
En fait, d’après l’auteur, il faut compter le nombre de jours ouvrés travaillés et les heures de repos quotidiennes. Il y a 52 dimanches, 38 jours de fête, 50 jours de gelée, 20 jours de sorties obligatoires (foires, marchés, autres affaires). Vauban lui-même dit que l’on compte 180 jours de vrai travail. Et 250 jours seraient rémunérés, ce qui permet ainsi au chef de famille de nourrir sa femme et deux enfants. Par ailleurs, à Saint-Gobain, les manœuvres doivent 14 heures par jour mais il faut soustraire 2 heures et demi réservées aux trois repas, ces gens travaillent 9 heures et demi. Dans les arsenaux de la Marine, il est vrai que les horaires sont de 9 heures l’hiver et de 13 heures l’été. Mais les horaires sont réduits de près de 2heures de pauses diverses dont l’estaminet est un des constants prétextes. Bref, un ouvrier qui, en 1984, travaille 39 heures par semaine et 47 semaines par an (=1833 heures), un tisserand de l’époque travaille 10 heures effectives, 185 jours par an (=1850 heures). Par contre, les congés ne sont pas payés
Mis à part le paternalisme (qu’on serait tenté de regretter dans la grande majorité des entreprises actuelles), et les congés payés, il n y a guère d’ évolution !